Lynda Koudache est une poétesse du village Ait-Boumehdi OUACIF

Lynda Koudache est une poétesse du village Ait-Boumehdi OUACIF
Lynda Koudache est une poétesse du village Ait-Boumehdi OUACIF

Interview avec Lynda Koudache, poétesse
“Je suis être humain avant d'être femme”
C'est à Ighil Ali que nous l'avons rencontrée lors de la vente-dédicace de ses deux recueils de poésie L'Aube vierge et Lligh weqbel ad iligh, Lynda Koudache, la poétesse à la sensibilité débordante et au verbe suave, a bien accepté de répondre à nos questions avec toute le gentillesse que nous lui connaissons.

La Dépêche de Kabylie : Présentez-vous à nos lecteurs...
ll D'abord, je suis contente d'être ici au village de Taos et de Fadhma Nait-Mansour Amrouche, deux grandes dames pour lesquelles j'éprouve une admiration sans bornes. Sur ce, je viens de réaliser un rêve qui me tenait à c½ur depuis des années!
Pour revenir à votre question, Lynda Koudache est une poétesse du village Ait-Boumehdi, de la Haute Kabylie. Dans la vie, je suis photographe de formation. En septembre 2001, j'ai contribué à un recueil de poésie collectif intitulé Comme une forêt de maudits édité au Petit-Pavé en France. En 2003, j'ai édité en Algérie L'Aube vierge qui est un recueil de poésie en français et en 2005, j'ai publié un autre recueil de poésie en berbère intitulé Lligh Weqbel ad iligh.
Par ailleurs, j'ai participé récemment au festival du film amazigh à Ghardaia. J'ai eu alors l'honneur de déclamer avec Amine Zaoui, Rabiaa Djelti, et bien d'autres talentueux poètes. J'ai également pris part au premier festival de poésie féminine organisé à Skikda, et à nombre d'activités culturelles. L'an dernier, j'ai été choisie comme membre de jury lors des poésiades de Si Mohand Ou M'hend à Tizi Ouzou.
Parlez-nous des thèmes que vous abordez dans votre poésie...
ll Il y a en premier lieu la paix qui est la condition sine qua non de tout espoir de vie. Evoquer la paix, c'est aussi parler de la femme, de l'enfant, de la liberté, des droits des humains, et j'en passe.

La condition des femmes est assez récurrente dans votre ½uvre ; vous réclamez-vous porte-parole de la femme kabyle ?
ll J'ignore si, à travers la poétesse que je suis, j'incarne mes concitoyennes. Je ne suis pas sans savoir que ce n'est nullement une tâche facile et j'avoue que cela n'a jamais été mon dessein. Il me semble qu'à chaque femme kabyle une façon à elle de s'exprimer. Si certaines, comme moi, trouvent dans la poésie un moyen idéal pour dire leurs sentiments profonds, d'autres en revanche préfèrent s'exprimer à travers le tapis, la poterie, etc, et je trouve cela aussi génial !

Pourquoi le choix d'écrire dans deux langues ?
ll A vrai dire, ce n'est guère un choix. C'est quelque chose qui vient spontanément. C'est vrai, j'ai commencé à écrire en français. Ensuite, je me suis initiée également à l'écriture en tamazight. Ce n'est pas une conversion, ni un quelconque sentiment de dualité culturelle. Loin s'en faut. Les deux langues cohabitent en moi en toute harmonie. Je me laisse totalement guidée par mon inspiration. De plus, la langue berbère a toujours été une langue d'ouverture qui respecte les autres langues. Au fait, la poésie n'a pas de langue. Ceci dit, je trouve que c'est extrêmement important d'écrire dans notre langue, le tamazight.

Où et quand prenez-vous votre inspiration ?
ll En fait, c'est l'inspiration qui me prend ! C'est quelque chose d'ésotérique et d'amphigourique. Habituellement, j'écris pendant la nuit. L'idéal est que moi et l'inspiration soyons toutes les deux présentes. Car il y a des moments où je veux écrire, mais la muse est absente et des moments où la muse est présente et moi absente. Quant au lieu, j'aime écrire souvent à la maison. Ceci dit, à titre d'exemple, ce beau paysage (d'Ighil Ali) m'inspire !

Qu'insinuez-vous par Lligh weqbel ad iligh, le titre de votre recueil de poésie kabyle?
ll Je voudrais simplement dire que nous sommes des êtres humains avant d'êtres des femmes et ce, avec notre sensibilité, notre raison et notre susceptibilité de corriger nos défauts. Femmes et hommes, nous sommes d'abord des humains et, de fait, égaux.

Un dernier mot pour conclure...
ll Je pense que le meilleur hommage qu'on puisse rendre à Taos, Jean et Fadhma Nait Mansour Amrouche est de les lire ainsi que de saisir leur message et le sens de leur combat. Marcher dans leur sillage, c'est le rêve de tout artiste. Propos recueillis par Karim Kherbouche
L'aube vierge
Lynda Koudache
L'aube vierge


Lynda Koudache est une jeune poétesse née à Aït Boumahdi dans un village niché au flanc nord du Djurdjura. Cette région a donné beaucoup de noms d'artistes qui ont signé en lettres d'or leur parcours artistique. Lynda Koudache que nous avons rencontrée au hall de l'exposition de la maison de la culture de Tizi Ouzou dans une séance de vente-dédicace, timidement certes, mais sûrement tente de se frayer un chemin dans le parcours parsemé d'embûches qui est celui de l'écriture de la poésie et de sa publication.
Ecrire la poésie est à la portée de tous. C'est l'art des pauvres par excellence. En effet, il suffit dans le pire des cas d'un stylo et d'une feuille blanche à remplir. La nuit, la solitude et l'inspiration se chargent du reste.
Dans la poésie spontanée de nos anciens poètes, rien de tout cela n'était nécessaire. La pratique de la rime, la rhétorique étaient quasi quotidiennes. Tout le monde avait le verbe facile et doté d'une capacité mnémotechnique extraordinaire facilitée il est vrai par une métrique de forme fixe qui venait dans toutes les joutes. Lynda Koudache avait la possibilité de faire de la poésie autrement. Elle aurait pu si elle l'avait désiré écrire ses poèmes aidée en cela par la lumière qu'elle peut apprivoiser dans la boîte noire de son appareil photos.
Après avoir réussi sa formation de photographe au centre de formation professionnelle Tala Allam, elle a préféré "descendre des nuées" et se consacrer à la poésie "terre à terre" pour parler des siens et plus particulièrement de la femme.
La poétesse Lynda Koudache qui "rêve d'un monde de paix", selon ses propres dires, a commencé à écrire ses premiers poèmes alors qu'elles avait tout juste 14 ans. Ses poèmes sont une véritable hymne à l'humanité et toutes ses aspirations, à savoir la paix. Mue par un intéressement de ses proches, elle décide d'approfondir ses connaissances dans l'art de faire les vers. Elle lira beaucoup Kateb Yacine et Zhor Zerrar.
Lynda Koudache est l'une de rares poétesses de la génération d'après l'école fondamentale à écrire avec deux langues : celle de Molière et Tagui nagh selon l'expression consacrée du poète et dramaturge Mohia.
En 2003, elle publie L'Aube vierge où l'on peut déceler la fibre "romantico-lyrique de la poétesse qui a mis à l'honneur la femme. Son sujet de prédilection et dans lequel elle se sent partie intégrante.
Il y a aussi d'autres thèmes comme l'innocence, la mère, l'espoir, l'amour du pays, l'amer exil etc.
Chaque poème libéré du joug de la rime (poésie libre) est précédé d'un aphorisme. Je vous livre celui trouvé en page 12 qui est une sorte de prologue du poème L'Aube vierge qui a donné son titre à l'opuscule. "Si je frappe à la porte ouvre-moi la fenêtre. SI je ne frappe pas, ouvre-moi la porte".
Lynda Koudache a été publiée en France dans le Cahier littéraire et d'information du P'tit pavé aux éditions qui portent le même nom.
Nous l'avons signalé au début de cette présentation, Lynda Koudache écrit aussi des poèmes en kabyle usant de sa langue maternelle, elle ne peut utiliser une autre langue pour s'affirmer en tant que femme.
Et d'affirmer son existence et sa volonté farouche d'exister par cette allégorie qui est le titre de son receuil de poésie en tamazight;
"Lligh uqbel ad illigh", à traduire par "J'existe avant de même d'exister".
Nous reviendrons plus en détails sur ce recueil publié en 2004 dans nos prochaines éditions. M. Ouanèche


Lynda Koudache









La Dépêche de Kabylie 12 avril 2006
“Je suis être humain avant d'être femme”
C'est à Ighil Ali que nous l'avons rencontrée lors de la vente-dédicace de ses deux recueils de poésie L'Aube vierge et Lligh weqbel ad iligh, Lynda Koudache, la poétesse à la sensibilité débordante et au verbe suave, a bien accepté de répondre à nos questions avec toute le gentillesse que nous lui connaissons.

La Dépêche de Kabylie : Présentez-vous à nos lecteurs...
D'abord, je suis contente d'être ici au village de Taos et de Fadhma Nait-Mansour Amrouche, deux grandes dames pour lesquelles j'éprouve une admiration sans bornes. Sur ce, je viens de réaliser un rêve qui me tenait à c½ur depuis des années!
Pour revenir à votre question, Lynda Koudache est une poétesse du village Ait-Boumehdi, de la Haute Kabylie. Dans la vie, je suis photographe de formation. En septembre 2001, j'ai contribué à un recueil de poésie collectif intitulé Comme une forêt de maudits édité au Petit-Pavé en France. En 2003, j'ai édité en Algérie L'Aube vierge qui est un recueil de poésie en français et en 2005, j'ai publié un autre recueil de poésie en berbère intitulé Lligh Weqbel ad iligh.
Par ailleurs, j'ai participé récemment au festival du film amazigh à Ghardaia. J'ai eu alors l'honneur de déclamer avec Amine Zaoui, Rabiaa Djelti, et bien d'autres talentueux poètes. J'ai également pris part au premier festival de poésie féminine organisé à Skikda, et à nombre d'activités culturelles. L'an dernier, j'ai été choisie comme membre de jury lors des poésiades de Si Mohand Ou M'hend à Tizi Ouzou.

Parlez-nous des thèmes que vous abordez dans votre poésie...
Il y a en premier lieu la paix qui est la condition sine qua non de tout espoir de vie. Evoquer la paix, c'est aussi parler de la femme, de l'enfant, de la liberté, des droits des humains, et j'en passe.

La condition des femmes est assez récurrente dans votre ½uvre ; vous réclamez-vous porte-parole de la femme kabyle ?
J'ignore si, à travers la poétesse que je suis, j'incarne mes concitoyennes. Je ne suis pas sans savoir que ce n'est nullement une tâche facile et j'avoue que cela n'a jamais été mon dessein. Il me semble qu'à chaque femme kabyle une façon à elle de s'exprimer. Si certaines, comme moi, trouvent dans la poésie un moyen idéal pour dire leurs sentiments profonds, d'autres en revanche préfèrent s'exprimer à travers le tapis, la poterie, etc, et je trouve cela aussi génial !

Pourquoi le choix d'écrire dans deux langues ?
A vrai dire, ce n'est guère un choix. C'est quelque chose qui vient spontanément. C'est vrai, j'ai commencé à écrire en français. Ensuite, je me suis initiée également à l'écriture en tamazight. Ce n'est pas une conversion, ni un quelconque sentiment de dualité culturelle. Loin s'en faut. Les deux langues cohabitent en moi en toute harmonie. Je me laisse totalement guidée par mon inspiration. De plus, la langue berbère a toujours été une langue d'ouverture qui respecte les autres langues. Au fait, la poésie n'a pas de langue. Ceci dit, je trouve que c'est extrêmement important d'écrire dans notre langue, le tamazight.

Où et quand prenez-vous votre inspiration ?
En fait, c'est l'inspiration qui me prend ! C'est quelque chose d'ésotérique et d'amphigourique. Habituellement, j'écris pendant la nuit. L'idéal est que moi et l'inspiration soyons toutes les deux présentes. Car il y a des moments où je veux écrire, mais la muse est absente et des moments où la muse est présente et moi absente. Quant au lieu, j'aime écrire souvent à la maison. Ceci dit, à titre d'exemple, ce beau paysage (d'Ighil Ali) m'inspire !

Qu'insinuez-vous par Lligh weqbel ad iligh, le titre de votre recueil de poésie kabyle?
Je voudrais simplement dire que nous sommes des êtres humains avant d'êtres des femmes et ce, avec notre sensibilité, notre raison et notre susceptibilité de corriger nos défauts. Femmes et hommes, nous sommes d'abord des humains et, de fait, égaux.

Un dernier mot pour conclure...
Je pense que le meilleur hommage qu'on puisse rendre à Taos, Jean et Fadhma Nait Mansour Amrouche est de les lire ainsi que de saisir leur message et le sens de leur combat. Marcher dans leur sillage, c'est le rêve de tout artiste.

Karim Kherbouche

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Lligh weqbel adhiligh
Poésie - Auto-Édition, Alger, 2005

Liberté 23 mai 2005
Un hymne à la femme
Deux ans après avoir édité son premier recueil de poésie dans la langue de Voltaire, L'aube vierge, la jeune poétesse Lynda Koudache récidive en mettant sur les étals un second opuscule.
À la différence de son aîné, ce deuxième recueil est dans la langue que “j'ai tétée de ma mère”, tient-elle à affirmer d'emblée lors d'une furtive entrevue, à l'occasion de la vente-dédicace, troisième du genre, qu'elle a tenue dernièrement à la Maison de jeunes de sa région natale, Ouacifs. Aussi, la collaboration de sa s½ur Ouiza, diplômée en design aménagement de l'École régionale des beaux-arts d'Azazga et professeur de modelage à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, qui a illustré d'un dessin chacune des seize compositions poétiques, a été d'un plus certain, ceci en sus des citations les accompagnant.
La différence s'arrête à cet aspect de forme car, pour le fond, et l'intitulé du recueil J'existe avant d'exister, édité toujours à compte d'auteur, le résume amplement, c'est la continuité avec un second hymne dédié, cette fois-ci, à la femme.
Un véritable cri d'une femme avide de se faire voir par les autres, d'abord en tant qu'humain, de la part d'une jeune fille qui ne manque point d'élan et, encore moins, d'audace en osant s'autoéditer pour la seconde fois, mettant en jeu ses maigres économies accumulées non sans se priver des caprices de ses semblables. Pour les besoins d'une transcription la plus correcte de ses Isefra dans sa langue maternelle, la jeune poétesse s'est assurée d'une précieuse assistance, celle de Ali Bekhti, qui n'est autre que l'inspecteur de tamazight au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou.


ASSIREM K.


Llig uqbel ad iligh, de Linda Koudache, 60 pages, prix public : 100 DA.

Le Soir d'Algérie 14 mai 2005
Hommage poétique à la femme
Lligh uqbel ad iligh vient encore enrichir le petit trésor de Lynda Koudache. La poétesse sort son dernier recueil, avec un nouveau style et un nouveau décor marqué par de belles illustrations. Un autre hommage aux grandes figures féminines dans le monde, à sa mère, ses s½urs, aux femmes tout court.
Un hommage poétique pour toutes celles qui ont façonné l'histoire, celle qui reste à revisiter. Probablement pour Lynda, la femme est certainement l'avenir de l'homme. Ce recueil est là pour combler justement cette lacune. Il partage la même intention. Le rôle de la femme dans son histoire, symbole des libertés, des droits... Sans tomber dans une idéalisation revancharde, la poétesse vise à promouvoir une image différente de ce que la société “mâle” ressent. Accessibles à tous, les poèmes donnent envie de savoir un peu plus sur les femmes, ces héroïnes, connues ou restées dans l'ombre. Leur souffrance, leur idéal.


J-L-Hassani

Le Jeune Indépendant 31 mars 2005
Une femme rend hommage aux femmes
Lligh weqbel adhiligh est le titre du nouveau recueil de poésie publié par la jeune douée Lynda Koudache. Cette fois-ci, c'est une femme qui rend hommage aux femmes à travers des poèmes et des citations qui s'adaptent pleinement aux nouvelles données de la société algérienne.
Lynda, originaire de l'une des collines de la Kabylie, et plus précisément de Larbaâ Nath Ouacif a jugé nécessaire de reconnaître aux femmes leurs mérites. Cette jeune poétesse a évoqué Fatma Nath Mansour, mère de Taous Amrouche, Fatma Nsoumer, les grands-mères, les mères et toutes les femmes.
La petite Tinhinan représente cependant la génération future des femmes qui aspirent à la liberté et à la vie sans tabous et sans contraintes sociales. Même si Lynda, cette photographe de formation, a beaucoup parlé des problèmes dans les seize poèmes que contient le recueil, l'espoir et l'optimisme sont de rigueur.
Dans ce deuxième ouvrage du genre, la jeune femme rappelle des évidences comme : la femme est d'abord un être humain avant d'être une femme. C'est pour cette raison, précise-t-elle, qu'elle a le droit de vivre au même titre que l'homme.
Dans Adhchkough taqbaylit (Je vous parle de la femme kabyle), Lynda parle de ces femmes de montagne qui souffrent encore plus que toutes les autres et qui choisissent le silence au lieu de la révolte, pour ne pas bousculer la tradition.
Axxam n tlelli (la Maison de la liberté), Tamusni teghleb tebrek (la Connaissance dépasse l'obscurité) sont d'autres poèmes qui méritent d'être lus et appréciés. En plus de l'écrit, ces dessins symbolisent parfaitement les sujets abordés.
Ces merveilles sont l'½uvre de la s½ur de l'auteur, Louisa. Ce sont donc deux s½urs qui parlent des femmes en poèmes et dessins. La vente dédicace de l'ouvrage aura lieu aujourd'hui à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri. Lynda Koudache, avait édité en mars 2003 un premier recueil de poésie intitulé l'Aube vierge.
Elle a également participé à un ouvrage collectif paru en France, Comme une forêt de maudits, paru aux éditions Petit Pavé.


T. D.

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L'Aube vierge
(Poésie) - Auto-Édition, Alger, 2003

Le Soir d'Algérie 4 décembre 2003
Des résonances lyriques prometteuses
Avec L'aube vierge, son premier recueil de poésie publié à compte d'auteur, Lynda Koudache est à l'aube d'une écriture aux résonances lyriques prometteuses. Ce recueil d'une cinquantaine de poèmes est le fruit d'un long apprentissage qui a commencé au collège et qui s'est affiné avec l'âge. “C'est au lycée que mes écrits en prose ont trouvé les encouragements de mon entourage ; cela m'a poussée à persévérer”, dira Lynda, aujourd'hui âgée de 28 ans.
“Je peins le monde dans une dimension surréaliste”, avouant naïvement son rêve utopique d'une cité idéale pour que le bonheur soit et se réalise (lire Les continents des anthropoïdes, à l'extrême de l'éternité, P.P. 6 et 8). Le mot juste et simple mais dans une langue qui demande à être mieux apprivoisée, Lynda Koudache dit son rapport au monde qu'elle veut (rêve de poète !) plus juste et égalitaire et moins violent : “L'injustice, l'intolérance, l'enfance maltraitée, la condition féminine... me révoltent et je l'exprime en poésie.” A la mémoire de ce poète qui dit “je suis en vie dans ma littérature”, Lynda Koudache clame :

“(...) A moi,
Rêvant de devenir poétesse
Pour chanter les blessures du temps
A cet homme aimant
La poésie vivante du poète mort
Etoiles
Poésie
Dédiées à toute vie loin de la mort
? poésie !
Lumière de vie”

L. Koudache dit les choses comme elle les ressent, par touches impressionnistes, loin de toute préciosité stylistique : pas de quête éperdue de la rime ni lyrisme accessoire et inutile pour dire et traduire ses inspirations en mots. Des mots simples, mais la sensibilité est incandescente.

S. A. M.

Liberté 3 décembre 2003
Un hymne à l'humanisme
Par Amnay K.
Une première du genre aux Ouacifs : une vente-dédicace d'½uvres vient d'y être organisée. Durant deux jours, en effet, la maison des jeunes de la localité a accueilli la jeune poétesse, Linda Koudache, qui vient d'éditer à compte d'auteur L'aube vierge, un recueil de vingt compositions poétiques dans la langue de Molière.
Cette jeune photographe de profession de 28 ans a vu l'un de ses nombrables poèmes, L'aube vierge, figurer dans la compilation comme une forêt de mots dits, éditée par un cercle poétique français, l'année dernière.
Un événement qui lui a donné bien des ailes en pensant sérieusement à partager ses élans d'humanisme et ses coups de coeur, majoritairement dominants dans son ½uvre. C'est ainsi qu'elle entame le long et harassant parcours du combattant pour trouver preneur à son recueil, mais en vain.
Elle décide alors de s'auto-éditer en “se serrant la ceinture” pour, enfin, voir le bout du tunnel et le faire sortir sur les étals des librairies.
Et loin de se lasser, cette digne fille du Djurdjura, car native du village d'Aït Boumehdi, dans la daïra des Ouacifs, pense déjà à éditer d'autres recueils dans les deux langues, française et kabyle. “La matière première existe”, affirme-t-elle, non sans souhaiter qu'un éditeur puisse pointer le nez.
En attendant, elle fait elle-même la promotion de son recueil en organisant des séances de ventes-dédicaces.
Elle en est à sa deuxième séance et d'autres sont au menu, notamment à Béjaïa et à Alger. L'ouvrage, qui est un véritable hymne à l'humanisme dans toute son étendue, est disponible dans certaines librairies au prix de 80 DA.
L'Expression 30 novembre 2003
L'art d'apprivoiser les mots
Elle a le trait fou, le sourire enjôleur, pleine de grâce, de cette grâce que seuls les êtres de lumière possèdent.
Le trait fou, le sourire enjôleur, pleine de grâce, de cette grâce que seuls les êtres de lumière possèdent, Lynda Koudache va gaillardement à la conquête d'un art réputé difficile: la poésie. Dans son recueil L'aube vierge, publié à compte d'auteur, elle nous livre un florilège de sensations sous le couvert de mots d'oiseaux. Lynda joue avec la langue. Elle vous prend un terme, le triture, lui donne une forme, un sens, souvent connu d'elle seule, un contenu. Le tout est enveloppé de sensations, de sentiments et enfin, elle le lâche pour une vie autonome. Ses essais sont souvent de jolies réussites, du moins à l'entendement de ceux qui goûtent à la joie des mots. Ainsi dans le poème, L'aube vierge, Lynda Koudache anime les termes soit en retraçant à sa manière, assez tendre pour autant, un jeu dur pour d'autres, la femme:

Elle s'appelle femme
Son nom est femme
Sa forme est femme
Sa vie est femme
Son visage est vieux
Elle s'appelle femme...
Ou encore dans L'hiver en plein soleil:
Il neige sur ta parole d'hier
La plume se mémorise l'hiver
L'encre de ton «rouleau» allume l'air
Le nuage de ton volcan
Flatte la mer...
La jeune poétesse a publié dans Le cahier littéraire et d'information du petit pavé et dans le recueil collectif intitulé Comme une forêt de mots dits, aux éditions du Petit Pavé en France. Mais son véritable premier ouvrage reste L'aube vierge. Lynda a commencé à taquiner la poésie à la sortie de l'enfance. Il semble que la muse était sa marraine. A quatorze ans, elle s'essaie à coucher sur la feuille blanche ce qu'elle ressent : «Les mots venaient tout seuls, sans que réellement je les sollicite!» dit-elle. Lynda face à cette matière, fait un choix assez réussi même si d'aucuns les trouvent quelque peu contestables, de ses termes. Les ingurgite, les faits siens, décrit l'humanité. En fait, la quotidienneté, les grisailles, les orages et aussi le soleil et les étoiles.
Prolixe quand il s'agit de parler de poésie, notamment la poésie lisse, Lynda se fait cependant très discrète quand on aborde sa personne. «Vous savez, je suis une jeune fille comme tant d'autres...!» Prévert? Oh oui, je connais et même très bien disent ses yeux qui s'animent quand on évoque ce poète. Elle avoue, presque avec gêne, qu'elle est au chômage. «Officiellement! Car pour moi, la poésie prend tout mon temps!» Et de signaler presque avec gêne: «J'ai aussi fait de la photographie. Je suis attirée par tout l'art. Mais voilà...!» Et elle se tait, une façon de nous dire: «Pourquoi donc devrais-je vous répéter ce que tout le monde connaît. L'art chez nous est regardé de haut. Souvent, on doit comme s'excuser de penser à tout ce qui est beau!» Lynda, en fait, répond par un sourire étincelant.
Comment clore, sinon citer Lynda elle-même:
Dire un mensonge est facile

Dire une vérité est difficile
J'ai dit deux vérités et c'est facile
Alors, disons que Lynda qui fait ses premiers pas dans la poésie promet. Avec sa sensibilité et une meilleure prise sur les termes, elle enchantera certainement son lectorat. Courage Lynda. Ce sont les premiers pas, à cette allure le succès est certain.

A. SAÏD
El Watan 24 novembre 2003
Le coup de c½ur de Lynda Koudache
C'est un hymne à la beauté que livre aux lecteurs Lynda Koudache, jeune poétesse, qui vient d'éditer un recueil de poésie. Intitulé L'aube vierge, l'ouvrage contient une vingtaine de poèmes dédiés aux enfants, aux femmes et aux artistes.

L'auteur fait également une prière pour que «chacun mange à sa faim et que la paix règne dans le monde». Un élan de générosité et un douce cantique pour les valeurs humaines. «Je crois solidement aux thèmes que j'ai abordés. Et, j'ai la foi que ça ira mieux pour l'humanité un jour. Le message que je transmets me soulage», dit la poétesse. Pour elle, L'aube vierge, est un point de départ vers une carrière qui s'annonce fertile. Elle a déjà édité dans Le cahier littéraire et d'information du p'tit pavé, un ouvrage collectif qui paraît en France. La semaine dernière, elle a organisé une vente-dédicace de son ouvrage à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou au prix de 80 dinars.
Le Jeune Indépendant 16 novembre 2003
Une ½uvre philanthropique
par A. Ferhane
La poétesse a voulu rendre par son recueil de poésie un hommage à tous les philanthropes où qu'ils existent et à tous ceux qui aiment la paix et le pacifisme dans ce monde. Ses poèmes, qu'elle inspire du quotidien, touchent les enfants ou les innocents, les femmes héroïques et les hommes forts, ainsi que la famille, le pays et tout ce qui rend autrui heureux.

Lynda est issue d'une famille qui apprécie et aime l'art en général.Sa s½ur Louiza, qui lui a confectionné la maquette du recueil de la poésie, est une enseignante des arts plastiques à l'Ecole des beaux-arts d'Alger.Le père, directeur dans l'éducation l'a bien encouragé dans la poésie, surtout que son père à lui, était un poète qui composait ses poèmes à chaque événement ou occasion.

L'auteur de l'Aube vierge n'a pas obtenu son bac.C'est ainsi qu'elle quitte l'école pour s'adonner à la lecture de la poésie et des romans dont les ½uvres de Kateb Yacine, Zhor Zerrari. Avant l'édition de l'Aube vierge, Lynda a participé, grâce à son frère résident en France, à une sélection de poèmes de près d'une trentaine de poètes francophones.

Parmi ses poèmes : le Courage de la peur, Sur l'échelle de la balance et Flambée humide, qui ont été publiés dans le cahier littéraire et d'information du Petit Pavé ainsi que dans le recueil collectif intitulé Comme une forêt de mots dits, chez le même éditeur.

Lynda Koudache exerce le métier de photographe. Elle a un autre talent dans ce domaine.Elle compte exposer prochainement ses diapos.Agée de 28 ans, la poétesse se dit prête à travailler pour la réussite dans la poésie, dans les deux langues kabyle et française.

Poétiquement, l'auteur de l'Aube vierge a opté pour le style libre.Autrement dit, Lynda cherche la liberté sur toutes les lignes car, selon ses dires : «La liberté est le seul moyen d'extérioriser tout ce qui se ressent et tourne en soi».

En termes plus clairs donc, l'Aube vierge de Lynda Koudache est une ½uvre tout simplement philanthropique.

A.F.
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 11:57

Le RND s'accroche

Le RND s'accroche

Le Rassemblement national démocratique n'a pas laissé le champ libre aux autres partis. En effet, ce week-end, des dizaines de rencontres et meetings étaient animés un peu partout aux quatre coins de la wilaya par les candidats, des cadres du parti et de ministres.

C'est ainsi que M. Meghlaoui avait effectué plusieurs sorties dans la vallée de la Soummam, notamment à Akbou, Ath M'likèche et Tazmalt.

En effet, le ministre a rencontré des citoyens dans les quartiers comme il a animé un meeting à Tazmalt. «Nous sommes ici pour apporter notre soutien aux candidats et cette équipe courageuse qui veut apporter le changement et casser la bipolarisation qui a fait beaucoup de mal à la région», dira-t-il à l'adresse des présents.

Une région, selon lui, qui compte beaucoup pour le RND dans le renforcement de l'unité nationale, avant de s'interroger : «A quoi sert un élu s'il n'arrive pas à situer les préoccupations des citoyens ?» M. Maghlaoui exhortera les candidats de son parti, à Tazmalt, à ne pas développer un programme basé sur les impressions, et les invitera à parler vrai à la population.

«Nous avons choisi des candidats crédibles car les problèmes exposés par les citoyens sont réels. Les solutions existent et l'Algérie ne manque pas de moyens.» Le ministre des Transports a fait, au passage, la promesse de régler les problèmes d'exploitation de lignes de transport et de réaliser une voie moderne des chemins de fer qui reliera le port de Béjaïa à celui d'Alger.

Par ailleurs, plusieurs rencontres ont été organisées par des candidats et tête de liste, notamment M. Boulila dans plusieurs localités de la Soummam et à l'est de la wilaya, la rencontre de Mme Nouara Djaâfar, ministre délégué auprès du chef du gouvernement, chargée de la Famille et de la Condition féminine, à Boudjellil.

H. C.
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 11:55

Associations françaises d' Algérie : synthèse des Renseignements généraux (1955).

Associations françaises d' Algérie : synthèse des Renseignements généraux (1955). Associations d'Algérie, dossiers de surveillance (associations n°1-39).

Dates 1947/1958
Cote de référence FR CAOM 81 F 804
Code de communication Code de communication : zone générique = fm, zone cote = 81F/n° de carton ou de registre

Présentation du contenu Associations d'anciens combattants, Fédération algérienne des anciens combattants et anciens militaires français-musulmans, Organisation de la Renaissance en Afrique français, Mouvement de libération du peuple, Mouvement de la Paix, Mouvement familial rural, Mouvement des élus locaux, Union nationale des anciens d'Afrique du Nord (le Maroc), Union pour le salut et le renouveau de l'Algérie, Union des comités d'action pour l'unité française, Union pour la défense des commerçants et des artisans, Union et fraternité, Groupement « les Amitiés algériennes » (MTLD), Amicales françaises du Constantinois, Comité national d'information et d'action pour la solution pacifique des problèmes d'Afrique du Nord, Comité d'action de défense, Comité de la Renaissance française, Comité de la Résistance à la désagrégation de la France et de l'Union française, Comité d'action des intellectuels français contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord, Comité algérien pour une trêve civile, Comité national des anciens d'Afrique du Nord, Comité central de la France d'outre-mer, Club Honneur et Patrie, Vigilances africaines, Association des Français d'Afrique du Nord, Fraternité algérienne, Présence française, Volontaires de l'Union française, Union nord-africaine, Collège d'histoire contemporaine, Institut musulman de solidarité sociale, La maison du blessé musulman, Amicale des originaires de Boudjellil (à Paris), Ligue des droits de l'homme, Cercle de la France d'outre-mer, Cercle franco-musulman, Cercle de la jeunesse musulmane, Cercle Naadi Es-Saada, Cercle de l'Union française d'outre-mer, Cercle des amitiés musulmanes, Cercle anticommuniste des étudiants d'outre-mer.
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 11:54

L'emploi, premier domaine des discriminations en France, selon la Halde

L'emploi, premier domaine des discriminations en France, selon la Halde

Louis Schweitzer, le président de la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, le 2 mai 2006 au Palais de l'Elysée à Paris © 2006 AFPle 02/05/2006 à 18:53 GMT PARIS (AFP) L'emploi est de loin le premier domaine (plus de 45%) où sévissent des discriminations en France, et elles reposent principalement (à près de 40%) sur l'"origine" de la personne concernée, indique le premier rapport annuel de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde), publié mardi.

Depuis la création de la Halde il y a un an, 960 dossiers, sur 2.365 reçus fin avril, ont déjà été traités, a indiqué à la presse le président de la Halde, Louis Schweitzer, qui a remis ce premier bilan mardi matin au président de la République.

Rappelant que "la première ambition" de la Halde - créée par la loi du 30 décembre 2004 -, est que "toute personne sache qu'elle a une voie de recours en cas de discrimination", Louis Schweitzer a souligné "l'accélération marquée de l'activité de la Halde au cours des derniers mois".

De 150 plaintes reçues chaque mois, le rythme est ainsi passé à quelque 270 dossiers reçus et plus de 160 traités mensuellement.

Sur les 2.000 plaintes reçues fin février, révèle le rapport, plus de 45% des réclamations correspondent à une discrimination dans l'emploi (45,3%), le deuxième domaine étant l'accès aux services publics (18,3%). Le logement ne concerne que 5,3% des plaintes, à égalité avec l'éducation.

Avec près de 40%, "l'origine" est le critère de discrimination le plus fréquemment évoqué (39,6%) suivi par la santé et le handicap (13,9%). 6,2% des réclamations concernent la discrimination liée au sexe, dont plus de 40% émanent d'hommes.

Viennent ensuite les discriminations liées à l'âge (5,6%) et à la situation de famille (4,8%).

Selon Louis Schweitzer, sur les 960 dossiers traités fin avril, un tiers environ a été réglé par voie amiable, médiation ou transmission au parquet (fin février, 41 dossiers avaient été remis à la justice), un autre tiers a été réorienté vers d'autres autorités administratives tandis qu'un dernier tiers a été écarté ou rejeté, car les faits n'ont pu être établis.

Louis Schweitzer a souligné également l'action préventive de la Halde, notamment par la pratique du testing légalisée par la loi sur l'Egalité des chances.

Deux actions de testing ont ainsi été lancées par ses services, a révélé Louis Schweitzer, l'une concernant le recrutement dans les grandes entreprises, l'autre le logement.

La Halde a par ailleurs écrit à 150 grandes entreprises, pour qu'elles l'informent de leur action en matière de lutte contre les discriminations et donnent ainsi "une boîte à outils des bonnes pratiques", a poursuivi le président de l'institution, .

Sur les 150 entreprises contactées, a ajouté M. Schweitzer, deux sur trois ont répondu "de façon substantielle" et parmi celles-ci, 38 entreprises du CAC 40.
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 11:53

ASSOCIATION ASSIREM POUR LA PROMOTION DE LA FEMME

ASSOCIATION ASSIREM POUR LA PROMOTION DE LA FEMME

Pays de référence ALGÉRIE
Type ORGANISATION PROFESSIONNELLE
Secteur TOUS SECTEURS
Contact Madame Nadia AOUDJIT
présidente
Adresse Boudjellil centre wilaya de Béjaia
06260 Béjaia
ALGÉRIE
Téléphone 072 40 22 86
Fax
Email

association_assirem@yahoo.fr

Site Internet


Information sur l'organisation
association pour la promotion de la femme

Information sur les ressortissants
les femmes rurales et les jeunes filles exclues du système scolaire

Information sur les projets de partenariat
formation et échanges

Autres informations
notre association est sise dans un milieu enclavé,elle présente plus de 75% de chomage et plus de 80% de femmes illitrés

Fiche créée le : 14/05/2005 17:29:53, Dernière mise à jour : 27/09/2005 14:33:52
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 11:52

Le CMA au conclave des Aarchs de Kabylie

Le CMA au conclave des Aarchs de Kabylie


CICB Le conclave déplore la position de la troïka. Par Kamel Ouhnia

La Coordination intercommunale de Béjaïa (CICB) a tenu ce week-end, un conclave ordinaire à Boudjellil, une commune relevant de la daïra de Tazmalt. Eu égard à son importance, cette réunion a été marquée par la présence d'une délégation du CMA (Congrès mondial amazigh), conduite par son secrétaire général, M. Belkacem Lounès, venu spécialement de France. Pas moins de 34 communes ont été représentées dans ce conclave, dédié à Rachid Chekkal et Sebbas Lahcène, deux martyrs du Printemps noir, tombés respectivement le 19 juin 2001à Boujdellil et le 30 mai 2002 à Sidi N'Braham (w. de Sétif). Après avoir passé en revue le premier point inscrit à l'ordre du jour de cette réunion, à savoir la présentation de chaque commune de son bilan technique et politique de l'opération du rejet des élections législatives du 30 mai dernier, les membres de la CICB ont procédé au renforcement des rangs des deux commissions, juridique et solidarité. Ces deux commissions qui sont chargées de relancer incessamment leurs activités, devront présenter leus bilans respectifs lors du prochain conclave de la CICB. Parmi les actions décidées par la plénière, figure la célébration des premiers anniversaires de l'élaboration de la plate-forme d'El Kseur du 11 juin 2001 et de la marche nationale et historique du 14 juin 2001. Ainsi, la ville d'El Kseur abritera les festivités commémoratives de la date symbolique du 11 juin 2001, où un programme d'actions est d'ores et déjà tracé par le comité local. Concernant la journée du 14 juin, il est demandé à chaque commune de marquer à sa manière ce souvenir, en organisant localement des expositions, des cérémonies de recueillements sur les tombes des martyrs du Printemps noir, des témoignages et conférences. En outre, les délégués de la CICB appellent la population à “ne pas fêter la journée du 19 juin qui représente, à leurs yeux, un coup d'État militaire consacrant ainsi un État dictatorial.” Dans une déclaration rendue publique à l'issue de ce conclave, la CICB affirme “ne pas se reconnaître dans une assemblée d'usurpateurs de la souveraineté populaire et dénie tous droits à ces faux députés de prétendre représenter la population”. Dans la foulée, la CICB réitère son appel pour “la mise en quarantaine de ces députés autoproclamés au même titre que la gendarmerie et les délégués Taïwan.” Par ailleurs, la CICB qui exige “la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus du Mouvement citoyens”, a tenu à “déplorer les positions de la troïka européenne et des USA qui, pour assouvir des intérêts strictement matériels, se sont empressés de cautionner une assemblée illégitime au détriment des appels de détresse d'un peuple meurtri.”

K. O.

Quotidien Liberté - Algérie - 08 juin 2002 www.liberte-algerie.com
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 11:50

CHÉRIF KHEDDAM

A C A O H
Tiddukla Tadelsant Tamazight di Ottawa - Hull
Association Culturelle Amazighe à Ottawa-Hull
Amazigh Cultural Association in Ottawa - Hull
tidukla tadelsant tamazigt Di utawua hul
LA DÉPÊCHE DE KABYLIE | QUOTIDIEN D'INFORMATION - Edition n° du MARDI 17/02/2004
Maestro et poète accompli

CHÉRIF KHEDDAM
Lorsqu'on évoque Chérif Kheddam, c'est inévitablement au musicien qu'on pense en premier lieu. C'est que ses notes et ses partitions sont d'une prégnance assez forte pour marquer le plus béotien d'entre les auditeurs.
IL est maintenant établi que c'est lui qui a mis sur l'orbite de la modernité la chanson kabyle avant que perce d'une manière éclatante la génération des années 1970 avec Idir, Ferhat Imazighen Imula. Il a, de ce fait, innové d'une façon extraordinaire dans le domaine musical si bien que beaucoup de gens "oublient" que ses musiqus sont montées sur des chansons, c'est-à-dire des poèmes. Et dans ce chapitre précis, Chérif Kheddam s'est révélé un grand poète lyrique et romantique qui a composé des textes que ni le temps ni les vicissitudes de la vie ne pourront effacer. Son répertoire est d'une diversité étonnante. L'auteur a chanté l'amour avec une rare sensibilité dans des tableaux magnifiques pleins d'émotion et de subtile tendresse. Il a chanté la patrie, l'Algérie, la Kabylie, avec la conviction inébranlable d'un patriote doublé d'un esthète éclectique, ce qui lui a permis de fouiller dans les pierres, les ravins et les monts du pays, de héler à partir des buttes et des collines ses compatriotes exilés en ville ou à l'étranger, de chanter le hosanna pour le basilic du jardin, la rose des haies, l'herbe des prés, l'arbre des forêts et les cailloux des sentiers et des raidillons. Né le 1er janvier 1927 au village des Ath Bou Messaoud (Ferhounène), dans la wilaya de Tizi Ouzou, Chérif Kheddam est l'aîné de cinq enfants dont le père, Omar, ne savait ni lire ni écrire, mais, muezzin, il était un homme pieux et respecté. Achour Cheurfi donne une biographie assez complète du chanteur dans son Dictionnaire biographique des écrivains algériens (Editions Casbah, 2003). Il nous apprend que Chérif Kheddam appartient à une modeste famille maraboutique affiliée à la confrérie des Rahmania. En 1932, le père émigre en France, et à son retour en 1936, il décide d'envoyer son fils à l'école française située à 17 km. Toutefois, les conditions étant dures, il change d'avis et l'envoie chez Cheikh Oubelkacem de la zaouïa des Boudjellil, située en face de Tazmalt, dans la wilaya de Bgayet. "C'est à la zaouïa, en internat, que l'on apprécie sa voix pour la première fois en psalmodiant le Coran", écrit A. Cheurfi. En 1942, il termine son cours coranique après avoir appris par c½ur les soixante versets du Coran. N'ayant pas d'occupation précise au village, il finit par débarquer à Alger à l'âge de 12 ans pour travailler comme journalier dans une entreprise de construction à Oued Smar. Il y reste trois années pendant lesquelles il fait connaissance avec des militants nationalistes et prend conscience des rapports de domination établis entre les colons et les "indigènes". Suite à une dispute avec son patron, il quitte Oued Smar pour se rendre en métropole en septembre 1947. Il s'établit à Saint-Denis puis à Epinay. De 1947 à 1952, il exerce dans une fonderie et, de 1953 à 1961, dans une entreprise de peinture. Parallèlement à son dur métier, C. Kheddam prend des cours de solfège le soir chez des particuliers. On le retrouve en 1954 au sein d'une troupe de musiciens qui jouait dans des cafés. Accompagné de leurs morceaux, Chérif chantait. Il lui arrivait de taquiner la muse en grattant la guitare au milieu du groupe. Ses compagnons artistes se rendent compte que son passage par la zaouïa n'était pas inutile puisque sa voix était déjà travaillée par l'exercice de la psalmodie. Cheurfi écrit à ce sujet : "Mais, ayant rompu avec le sacré, rien ne lui interdit de prendre en charge le profane. Parce qu'il ne pouvait pas se dresser comme son père au faîte d'un minaret, il chercha donc, par des voies détournées, comment agencer des notes de musique et plus tard diriger un orchestre." Tahar Djaout écrit à propos de l'exil de Chérif Kheddam : "C'est en France où il arrive à l'âge de 21 ans qu'il découvre vraiment l'art : la chanson maghrébine, arabe ou occidentale, les films égyptiens. Chérif Kheddam s'intéresse à tout cela de façon presque ludique. S'il y a chez lui une "arrière-pensée" professionnelle, il ne se prend pas pour autant au sérieux, ne pense pas pouvoir un jour vivre de l'art. Pour la chanson kabyle de l'époque, la scène était occupée par Slimane Azem, Cheikh El-Hasnaoui et Alloua Zerrouki. (...) Tout en demeurant sensible à toute belle musique, Chérif Kheddam se sent de plus en plus attiré par l'art occidental. Il découvre la musique classique, s'en imprègne, éprouve pour elle un grand penchant." (Ruptures, n°3 du 27 janvier au 2 février 1993).
L'ascension depuis A yellis n'tmurtiw C'est en 1955 qu'il compose sa première chanson A yellis n'tmurtiw enregistrée le mois de juillet sur un disque 78-tours grâce au concours d'un ami français, libraire de profession, qu'il avait connu en 1949 à Montmorency. Ce premier enregistrement fut réalisé à compte d'auteur au prix de 600 francs anciens. La diffusion du disque par la RTF (Radio-Télévision française) lui assura un certain succès. Remarqué dès cette première ½uvre, Chérif Kheddam fut recommandé à la boîte Pathé-Marconi EMI (filiale italienne) qui lui établit un contrat en 1956. Il compose pour Radio Paris, puis pour l'ORTF plusieurs morceaux exécutés par le grand orchestre de la radio sous la direction de Pierre Duvivier. D'autres pièces sont interprétées en 1963 par l'orchestre de l'Opéra comique. "Dès ses débuts, écrit Tahar Djaout, Chérif Kheddam a été considéré comme un révolté, un enfant indocile qui bouscule les conventions et les tabous. Dans une société aussi austère que la société kabyle traditionnelle, où la beauté même est suspecte, les chansons de Chérif Kheddam ont paru, à la fois par leur élaboration harmonique et leurs thèmes souvent hardis notamment dans le registre amoureux, déroutantes, presque inconvenantes. Mais du côté de ses confrères chanteurs, on a compris que la démarche de Chérif Kheddam est une démarche d'avenir. Son exemple ne tarde pas à être suivi. A tel point qu'une sorte d'école s'est constituée juste après l'indépendance." Chérif Kheddam acquiert les bases de la musique orientale auprès du grand Mohamed Jamoussi, et pour développer sa technique musicale, il prend des cours chez le professeur Fernand Lamy, inspecteur des conservatoires nationaux de musique en France, maître du grand orchestre italien Roberto Benzi. Cela lui permit d'établir un équilibre harmonieux entre les mélodies orientales et les influences occidentales. Après l'étude du solfège, de l'harmonie, les leçons de luth et de piano, le voilà armé pour affronter la composition. Avec plus d'ouverture sur le monde extérieur, il conserve la base mélodique de la chanson kabyle, mais la transforme, la façonne, la rénove pour lui donner un style", écrit à ce propos A. Cheurfi.
Nadia, Djurdjura et la nouvelle métaphore Pendant l'année 1958, Chérif Kheddam composa et enregistra certaines de ses plus belles chansons : Nadia, Djurdjura, Khir Ajellav n'Tmurtiw, entre autres. Chérif Kheddam, qui a une très haute idée de la poésie, ne se considère pas comme un poète : il a répété à qui veut l'entendre que, pour lui, la musique est plus importante que les paroles, témoigne Tahar Djaout. Et pourtant, les compositions poétiques de notre chanteur sont d'une extrême sensibilité, d'une rythmique envoûtante faisant mouvoir un appareil métaphorique d'une originalité certaine. Qu'il chante la femme kabyle, la montagne du Djurdjura, l'exil, la patrie, l'indépendance, l'amour et ses déboires, Chérif Kheddam exalte des valeurs esthétiques indéniables et s'éloigne du moralisme ambiant ayant marqué certains chanteurs de l'époque. La chanson Alemri est un exemple de réussite poétique et musicale qui fait partie des ½uvres éternelles de l'auteur. T. Djaout, marqué par ce poème, en a traduit quelques strophes : "O miroir, ton destin est plus enviable que le mien. Je suis comme un dément Et n'aspire qu'à te ressembler. L'amour te visite à tout moment Lorsque la belle descend Et devant toi se teint au henné. Colombe se pavanant dans les prés, Elle est exempte de tout défaut Ne se laisse pas séduire par l'inconnu. Nous demandons à Dieu aimé Que notre tour arrive De célébrer ensemble notre joie. Elle te fixe sans fausse pudeur. C'est ta compagnie qu'elle sollicite Si tu avais su comprendre. Ami, sois heureux avec elle, Enivre-toi de son parfum ; Je sais que tu me surpasses en chance. Elle se peigne, parfait sa coiffure, Se regarde soigneusement Pour repérer le défaut. Sa beauté, sa taille sont impeccables, Tout en elle crie la perfection. Elle est pareille au fruit mûr." Les années algériennes En 1963, Chérif Kheddam rentre au pays et prend contact avec la Chaîne II de la radio nationale qui l'engage aussitôt. Il avait animé plusieurs émissions de radio, mais c'est avec Ighennayen Uzekka qu'il sera connu et hautement apprécié pour avoir déniché des talents, conseillé et encouragé les nouveaux venus au monde de la chanson. Son émission équivalait à un sévère jury qui donnait le quitus à un avenir artistique pour le candidat ou le conseil pour s'éloigner d'une aventure où il risquerait de perdre du temps et de l'énergie pour rien. Aït Menguellet passa "l'examen" avec succès. Dans un témoignage vidéo (Meskud igenni), Lounis avoue sa surprise et en même temps sa joie lorsque Chérif Kheddam lui demanda si c'était lui-même qui avait composé la chanson qu'il venait d'exécuter. Puisque C. Kheddam en était frappé à ce point, il n'y avait donc rien à redire : le chemin vers la gloire est tout tracé. D'autres futures vedettes comme Idir, Imazighen Imula et le groupe Yougourten sont passés par les services précieux de C. Kheddam. Il est aussi sollicité comme professionnel dans une commission d'écoute en kabyle et en arabe au sein de l'ex-RTA. C'est grâce à lui que la chorale du lycée Fadhma-N'soumer fut créée. L'idée se propagea aux autres établissements jusqu'à sélectionner plus tard les chorales du lycée Amirouche et du lycée El Khensa, d'où sortira par exemple la célèbre Malika Domrane. Chérif Kheddam prit sa retraite administrative en 1988 et vit à Rouiba. D'après certaines informations, il serait fatigué et malade. Longue vie à Dda Chérif ! Une thématique dense et plurielle
La chanson de Chérif Kheddam traite merveilleusement de tous les thèmes de la vie. L'on peut affirmer que le point de rencontre ou le sujet fédérateur de ces thèmes est l'amour : amour de la beauté féminine, amour pour sa patrie, sa région et son identité et enfin amour pour l'art : "La beauté et l'art ont pris Toute ma vie Mon âme va avec eux ; Jusqu'à m'oublier." Que voit l'artiste dans son rêve ? Une belle mélodie qui chasse son ennui. Il a chanté la liberté de la femme qui "ne doit avoir d'autre voile que celui de sa pudeur et de sa dignité" dans une chanson qui date de 1961 : "Quel est le voile d'une femme libre ? C'est le sens, la dignité qu'elle possède, Elle se passe allègrement du voile et du haïk. Puisque nous nous disons modernes, Laissons-la travailler et élever ses enfants. Elle doit avoir sa part dans la réflexion." Hymne au pays natal, odes dédiées à la terre nourricière et chant pour la patrie éternelle sont les grandes épopées musicales et poétiques de Chérif Kheddam. Ainsi dans Aha kker zwi imanik, il appelle la jeunesse à se réveiller et à prendre en charge le patrimoine fabuleux laissé par nos ancêtres : "Lève-toi et dépoussière-toi ; T'est pris par la somnolence ! Les richesses que recèle ton pays Attendent un geste de ta part. Jette un regard vers le legs de tes ancêtres Regarde un peu en arrière. Tu as bien des aïeux Et ne dérive pas d'un chêne." Peut-on parler de Chérif Kheddam sans citer Nouara, la diva qui l'a accompagné dans un grand nombre de ses chansons et à qui il a composé des poèmes et des musiques ? Cet heureux mariage artistique entre deux sommets de l'art est sans doute un exemple unique dans la chanson kabyle en matière d'harmonie, de symbiose esthétique et d'affinités électives. Monument de la chanson dans ses corpus poétique et instrumental, Chérif Kheddam demeure un exemple d'artiste humble et profond, de visionnaire en matière d'art et de pédagogue pour avoir formé et propulsé de grands talents devenus célèbres par la suite. Il marque d'une empreinte indélébile la chanson et l'art kabyles.
Amar Naït Messaoud
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 11:49

Groupe “ Partenariats pour le Développement Local ” (PDL)

Groupe “ Partenariats pour le Développement Local ” (PDL)


1/ Déclaration finale de l'atelier “ Partenariats pour le Développement Local ” du Forum Civil Euromed du 10 au 12 novembre 2000

2/ document du groupe “ Partenariats pour le Développement Local ” adopté lors de l'atelier PDL lors du Forum civil, incluant les déclarations des rencontres préparatoires au Forum Civil Euromed 2000
(Algérie, Tunisie, Maroc, Jordanie, France)












Comité de pilotage du groupe PDL
CCFD - 4, rue Jean Lantier - 75001 Paris. Tel : 33 1 44 82 81 75. Fax : 33 1 44 82 81 45. E-mail : b.berger@ccfd.asso.fr
PS-EAU - s/c CARI - Le Triol - 34380 Viols le Fort. Tel : 33 4 67 55 61 18. Fax : 33 4 67 55 74 37. E-mail : Cariciepad@aol.com
Chambre des Beaux Arts de Méditerranée - 59, rue Cambronne. 75015 Paris. Tel et Fax : 33 1 45 67 12 52. E-mail : ch.beaux.arts@wanadoo.fr
UNADEL - 24 rue du Pré Saint Gervais - 93500 Pantin. Tel : 33 1 41 71 30 37. Fax : 33 1 41 71 30 38. E-mail : unadel@wanadoo.fr

Le 15 novembre 2000

DECLARATION DU GROUPE PARTENARIATS POUR LE DEVELOPPEMENT LOCAL au FORUM CIVIL EUROMED 2000

Engagés dans le développement local dans nos pays et porteurs des aspirations légitimes des populations avec lesquelles nous agissons,

nous appuyant sur le texte des résolutions et recommandations ci-annexées, issues des six rencontres préparatoires tenues en Algérie, France, Jordanie, Maroc et Tunisie au cours de l'année 2000 et ayant réuni plus de 100 associations et mouvements de la société civile méditerranéenne,

nous formulons nos plus expresses réserves face aux forces à l'½uvre dans le processus de globalisation et du libre échange à marche forcée et de son potentiel destructif des écosystèmes comme des systèmes sociaux.

Face aux constats d'insuffisances du Processus Euromed depuis 1995, en particulier :
· L'immense espoir suscité et les attentes non satisfaites qui en sont issues
· L'incapacité du processus à enrayer la concentration des richesses et l'accroissement de la pauvreté
· La faiblesse des moyens consacrés au renforcement des capacités d'initiative locales
· L'absence d'une évaluation et d'un bilan concertés à ce jour
· L'évocation incantatoire de la société civile et son exclusion de fait du processus
· Le manque de connaissance des mécanismes du partenariat Euromed, de ses outils comme de ses procédures, par les acteurs associatifs
· Le manque de prise en compte de l'approche du développement local et de l'expertise de ses acteurs associatifs
· La non reconnaissance des forces vives liées aux migrations et de l'apport des migrants dans le développement tant dans les pays d'accueil que dans les pays d'origine
· L'insuffisance des modalités de concertation sur l'identification et l'interprétation des besoins au niveau local
· L'incapacité du processus à inscrire les projets ciblant les femmes dans une perspective de nouveaux rôles pour les femmes et de changement des rapports hommes femmes

Qui ont pour principaux effets négatifs sur les acteurs associatifs :
· Leur fragilisation accrue et la mise en cause de leur viabilité
· Leur mise sous pression entre choix d'action de solidarité et prestation de service
· Le risque de leur démobilisation laissant le champ libre aux appétits du seul marché


Nous affirmons les impératifs suivants :
· La nécessité de s'appuyer sur et de promouvoir les valeurs humanistes portées par la Méditerranée
· La nécessité de fonder le partenariat euroméditerranéen sur une reconnaissance claire et un engagement à respecter le pluralisme culturel, ethnique et religieux des populations qui font la Méditerranée
· La nécessité de prendre en compte les revendications des mouvements de la société civile impliqués dans le développement local
· La reconnaissance du développement local comme démarche économe et efficiente qui intègre le lien homme terroir dans une relation sociale et à l'écosystème de proximité
· La définition de procédures et de mécanismes pour promouvoir et protéger les “ produits culturels du développement ” notamment par la création d'un label international et l'exonération de certaines charges douanières
· L'intégration de l'action culturelle à tous les programmes et lignes budgétaires relatifs à la coopération euroméditérranéenne
· La nécessité de lever les entraves à la libre circulation des personnes en cohérence avec les objectifs du processus de Barcelone, les aspirations des populations concernées et leur sentiment d'être citoyens de la Méditerranée
·

L'ouverture de nouveaux programmes et cadres de financements spécifiques au développement local qui soient accessibles aux ONG
· La reconnaissance du développement local comme démarche qui intègre au plus près des réalités les revendications liés aux droits fondamentaux sur les plans économiques, sociaux et culturels en tant que droits fondamentaux
· La nécessité d'une autonomie véritable des acteurs associatifs du développement local et de leurs organisations
· Le besoin d'information, de formation et d'appropriation des concepts, outils, méthodes et approches du développement local participatif
· La nécessité de développer des partenariats et la mise en réseau entre acteurs de développement de la Méditerranée
· La reconnaissance des apports positifs des acteurs du sud et des migrants au développement du nord
· La nécessité de réparation des dommages consécutifs aux actes de guerre et de violence ainsi que la place que doivent occuper les acteurs du développement local dans la réhabilitation et la construction de la paix
· La prise en compte de la revendication de la jeunesse d'assumer ses responsabilités dans la construction du monde de demain
· La nécessité absolue de simplification, de transparence et d'opérationnalité des procédures d'accès aux financements mobilisés dans le cadre du partenariat Euromed
· La nécessité de prospecter et de développer des modes de financements innovants et de proximité, tels que l'épargne solidaire, les placements éthiques, le crédit mutualiste, etc.
· Le besoin impérieux de mise sur pied d'un processus d'échange d'informations et de concertation sur le partenariat Euromed par le biais notamment de forums locaux, régionaux, internationaux... dans tous les pays partie-prenante au processus
· La nécessaire conversion de la dette des pays partenaires en moyens alloués aux projets de développement local, en concertation avec la société civile
· L'absolue nécessité de la reconnaissance autant que de la valorisation du rôle des femmes, leur participation à la prise de décisions par l'accroissement des compétences là où cela est nécessaire

Pour notre part, nous nous engageons à :
· Agir au mieux dans le respect des impératifs énoncés ci-dessus
· Fonder nos actions prioritairement sur le développement local
· Rester vigilants sur les développements futurs et affirmons vouloir assumer notre responsabilité dans le partenariat euro-méditerranéen
· Considérer la question féminine comme partie intégrante des projets de développement
· Promouvoir dans nos actions les synergies entre acteurs locaux
· Créer dès ce jour les conditions de démarrage d'une mise en réseau méditerranéen
· Contribuer, par une mise en commun de nos moyens, aux indispensables outils de diffusion de l'information dont les sites internet
· Soutenir la création de canaux de communication et de commercialisation sur les bases du commerce équitable
· Créer les conditions de contractualisation pour l'expression des populations concernées sur leurs demandes, leurs besoins, leur participation, la valorisation de leurs savoir-faire dans le sens d'une véritable démocratie participative


Nous appelons en retour à un engagement sans réserve des Etats signataires à donner des signaux sans équivoque et les moyens nécessaires pour un véritable soutien aux actions et chantiers à venir

En outre nous affirmons notre indéfectible attachement à être des acteurs de paix inscrits au plus près des aspirations et préoccupations des populations en vue d'un développement durable, équitable dans le respect de la dignité.

Marseille le 11 novembre 2000

PARTENARIATS POUR LE DÉVELOPEMENT LOCAL EN MÉDITERRANÉE
document du groupe “ Partenariats pour le Développement Local ” adopté lors de l'atelier consacré à ce thème lors du Forum civil Euromed 2000.

La Déclaration de Barcelone signée en 1995 stipule que les pays signataires “ reconnaissent la contribution essentielle que peut apporter la société civile dans le processus de développement du partenariat euro-méditerranéen en tant que facteur essentiel d'une meilleure compréhension et d'un rapprochement entre les peuples ”. Les signataires de la convention conviennent par ailleurs “ de renforcer et/ou de mettre en place les instruments nécessaires à une coopération décentralisée pour favoriser les échanges entre les acteurs du développement dans le cadre des législations nationales : responsables de la société politique et civile, du monde culturel et religieux, des universités, de la recherche, des médias, des associations, les syndicats et les entreprises privées et publiques ”.
Cinq ans après la signature de la Déclaration de Barcelone, il est apparu utile d'évaluer l'impact du partenariat euro-méditerranéen sur le renforcement du cadre de coopération décentralisée et sur l'affirmation du rôle de la société civile dans le processus de développement et de questionner la volonté de renouveau.
La tenue de la conférence interministérielle de Marseille des 16 et 17 novembre 2000 constitue une opportunité pour réaliser ce travail d'évaluation des premiers résultats du partenariat euro-méditerranéen à travers un processus d'échange et de concertation entre les différents protagonistes du Développement local et de la coopération décentralisée.
Le Forum civil vise avant tout à mettre en avant le rôle que joue ou que pourrait jouer la société civile dans le développement socio-économique de la rive Sud de la Méditerranée en partenariat avec les acteurs publics et privés. Il nous a paru particulièrement intéressant d'étudier trois domaines d'intervention majeure :
Développement local et citoyenneté
Economie culturelle et solidaire
gestion des ressources naturelles et des services publics

Développement local et citoyenneté
Dans le contexte méditerranéen actuel, face à la déstructuration sociale qui marginalise une part croissante de la population, le renforcement de la société civile et son implication plus marquée dans le Développement Local sont devenus une priorité. A cet effet, il est urgent de faire reconnaître et faire participer la société civile à la vie publique comme un droit.

Il ne faut pas perdre de vue que le concept d'association est intimement lié à l'émergence des sociétés démocratiques modernes. Lorsqu'il y a ouverture et libéralisation du champ associatif, la société civile, en gestation, saisit l'opportunité et se développe. La faiblesse du tissu associatif dans les pays Sud Méditerranéens n'est donc pas liée au désintérêt pour cette forme d'entreprise. Elle est surtout due à l'existence d'un environnement défavorable à l'émergence des associations. Les pouvoirs publics des pays Sud Méditerranéens doivent s'engager à accompagner le développement de la vie associative en mettant en place des mesures concrètes, législatives, réglementaires et financières en faveur des associations et en leur octroyant un statut fiscal avantageux ou, quand ce n'est pas le cas, en permettant la perception de dons privés. Les rencontres préparatoires et le Forum civil constituent ainsi autant d'occasion d'exprimer la volonté des acteurs de la société civile de voir évoluer les législations nationales en faveur des associations.





Par ailleurs, les acteurs de la société civile reconnaissent la nécessité de développer la mise en réseau à tous les niveaux afin d'intégrer leurs actions locales dans un processus global de développement durable (coordinations opérationnelles entre acteurs, à travers les réseaux d'ONG et d'associations de terrain travaillant dans un même pays ou domaine d'activités), ainsi que celle de repérer les alliés potentiels (associatifs et autre) sur un territoire et de nouer des alliances stratégiques.

L'objectif est ainsi de compléter l'action de l'État à travers des modes de contractualisation sans pour autant se substituer à lui. Cependant, la relation entre pouvoirs publics et les associations est souvent de nature conflictuelle. Le contexte Sud Méditerranéen est en effet caractérisé par la volonté de mise sous tutelle du mouvement associatif par les États. La majorité des associations de développement pensent cependant qu'il faut favoriser les actions conjointes (pouvoirs publics et associations) qui permettent une mise en commun des moyens et des énergies autour d'objectifs communs. Cela suppose néanmoins une reconnaissance mutuelle des acteurs et l'instauration d'un climat de confiance avec, en toile de fond, un réel ancrage des pratiques démocratique et de l'état de droit.

Cela ne peut se réaliser sans faire jouer le principe de subsidiarité, promouvoir une véritable décentralisation des actions, des moyens et des pouvoirs locaux, et associer les élus locaux à des programmes de formation relatifs au Développement local et à l'éducation à la citoyenneté.

Afin d'échanger et de confronter leurs pratiques et leurs réflexions sur le développement local et le processus euroméditerranéen, les représentants d'une quarantaine d'associations et d'Ong du pourtour méditerranéen se sont ainsi réunis du 18 au 25 juin 2000 en région Provence - Alpes - Côte d'Azur.


Déclaration de Grans adoptée à l'occasion des rencontres méditerranéennes du développement local
(18 – 25 juin 2000 - Grans – France)


Les liens historiques et culturels qui unissent les deux rives de la Méditerranée rendent incontournable la mise en ½uvre de réelles relations de partenariat et de solidarité entre les Etats et les sociétés civiles. (...) Cinq années après la conférence de Barcelone qui a consacré le rôle des sociétés civiles dans le développement de la région, les participants ont dégagé les éléments de bilan suivants :

- les écarts économiques et sociaux entre les pays des deux rives demeurent très importants,
- la circulation des personnes est toujours fortement entravée contrairement à celle des marchandises,
- le rôle de la société civile dans la coopération euroméditerranéenne reste négligé. Le mouvement associatif comme acteur du développement est faiblement reconnu, peu encouragé par les autorités politiques.


Recommandations
Accorder toute leur importance aux liens géographiques, historiques, humains et culturels qui doivent constituer les fondements du partenariat Euro-Méditerranéen.

Les Etats engagés dans le processus de Barcelone se doivent d'informer leurs opinions publiques de l'existence, des objectifs et des enjeux du Partenariat euro-méditerranéen. Ils doivent instaurer les conditions nécessaires à l'émergence d'un débat public sur les conséquences et les orientations du PEM.

La société civile doit être associée aux mécanismes de décision relatifs à la mise en ½uvre du Partenariat euro-méditerranéen.



Encourager le travail en réseau des associations de l'espace méditerranéen.

Mettre en ½uvre les conditions adéquates à l'épanouissement de la vie associative notamment en assouplissant les lois et les procédures qui la régissent dans les pays du Sud de la Méditerranée.

Lever les entraves à la circulation des personnes et des biens entre les deux rives de la Méditerranée.

Porter les efforts de partenariat sur la réduction des migrations des forces vives (intellectuelles et populations jeunes) par l'amélioration de l'emploi et de la qualité de vie dans les pays du Sud... ce que la politique actuelle, visant seulement le libre-échange et la sécurité, ne favorise pas.

Permettre aux associations locales des différents pays, et notamment ceux de la rive Sud, d'accéder directement aux moyens de financement nécessaires au renforcement de leur capacité d'action et à leur consolidation institutionnelle.

En concertation avec la société civile, faciliter la conversion, voire l'annulation des dettes contractées auprès des bailleurs européens par les pays du Sud au profit de l'acquisition des équipements et autres moyens nécessaires au développement local durable.

Porter une attention particulière à la consolidation du partenariat entre les pays du Machreck arabe et du Maghreb, et particulièrement à la coopération entre leurs sociétés civiles pour le développement durable.


Nos engagements

A l'issue de notre rencontre, les associations et Ong participantes s'engagent à :
- se constituer comme acteurs incontournables de tous les aspects du processus euroméditerranéen : économique, social et politique. Elles refusent de se limiter au rôle de prestataires de services,
- continuer d'oeuvrer pour la démocratie et la transparence dans leur travail quotidien,
- renforcer leur travail de concertation avec les pouvoirs publics pour un développement équilibré et solidaire au niveau méditerranéen.



Dans le prolongement de cette rencontre, un groupe d'associations locales d'Algérie ont organisé un atelier de restitution des travaux menés à Grans en vue de leur application et diffusion à l'échelle locale. Cette rencontre a rassemblé trente-sept responsables associatifs, élus locaux, universitaires, étudiants, etc. des wilayas d'Alger, Béjaïa et Tizi-Ouzou.


Déclaration d'Akbou
Contribution d'associations locales algériennes au Forum civil Euro-Méditerranéen (3 - 4 novembre 2000 – Akbou – Algérie)

(...) A l'issue de ces journées d'information et de réflexion, les participants

ont constaté :

- l'inexistence de lieux en matière d'information, de formation et de documentation pour les associations et les acteurs du développement local. Ils ne peuvent, de ce fait, que se réjouir de la proposition formulées par Monsieur le Premier Vice-Président de l'assemblée populaire

communale d'Akbou, lors de son allocution à l'ouverture de cette rencontre, de mettre à la disposition du mouvement associatif un lieu pour la création d'une maison des associations de la presse. Cette proposition a reçu immédiatement le soutien de Monsieur le Président de l'Assemblée populaire de la Wilaya de Bejaïa 
- le manque d'intérêt des pouvoirs publics pour les associations locales et les acteurs locaux du développement
- la pauvreté des moyens matériels et financiers des associations locales.

ont décidé :

- d'adopter les neuf recommandations de l'atelier des rencontres méditerranéennes du développement local, qui s'est tenu à Grans (Bouches du Rhône) du 18 au 25 juin 2000.
- D'approfondir la réflexion sur la problématique du développement local, en essayant de faire circuler l'information auprès des associations, en leur faisant connaître la documentation existante et les projets réalisés par les acteurs du développement local et en continuant à organiser des rencontres inter-associatives
- D'étudier avec l'Assemblée Populaire Communale d'Akbou et l'Assemblée Populaire de la Wilaya de Bejaïa le projet de mise en place de la Maison des Associations et de la Presse. Pour cela, nous nous adresserons dans les prochains jours, une lettre à Monsieur le Président de l'APC d'Akbou et à Monsieur le président de l'APW de Bejaïa.


Economie culturelle et solidaire 
Les acteurs de la société civile veulent affirmer et renforcer la dimension culturelle du développement en tant que facteur de développement socio-économique.
En effet, l'action culturelle occupe un rôle croissant dans le cadre de la coopération au développement en tant que facteur par excellence de meilleure compréhension et de rapprochement entre les peuples. Par ailleurs, l'émergence de l'économie culturelle et solidaire, liée notamment aux instruments dits de microfinance et au commerce équitable, a considérablement modifié les paramètres du développement et de l'autonomisation des groupes cibles concernés.
C'est ainsi qu'il convient de ne plus cloisonner l'action culturelle dans des lignes “ spécialisées ”, mais d'insister sur la dimension culturelle du développement durable, intégrée de façon appropriée aux actions et aux objectifs globaux de la coopération au développement et la coopération décentralisée.
Il est nécessaire de renforcer à cet effet un dispositif humain approprié et des ressources matérielles adéquates de façon à ce que l'action culturelle ne soit pas traitée à titre auxiliaire hors de sa notion de développement durable, de création d'emplois et de production.
L'identification, la reconnaissance et le soutien du “ produit culturel de développement ” émanant des projets de coopération doivent être favorisés, dans une première étape par des mesures d'encouragement à la diffusion et d'exonération de certaines taxes douanières, dans le cadre d'un libre échange pour la coopération et le développement durable afin de soutenir la pérennisation des projets d'économie culturelle et solidaire.
Il convient tout particulièrement de démontrer l'existence de liens entre l'action culturelle et les objectifs de la Conférence Euromed 2000 qui sont le développement social et la lutte contre les exclusions ainsi que l'appui aux petites entreprises et l'économie solidaire.
Pour ce faire et pour créer un cadre propice au développement durable par le biais de l'économie culturelle et solidaire, ces considérations doivent être clairement reflétées dans les priorités définies et les moyens mis en place par MEDA, ainsi que dans les autres initiatives émanant de la politique méditerranéenne de l'Union européenne.
Ces initiatives doivent d'ailleurs préconiser l'élaboration de mesures concrètes en concertation avec les ONG, pour la mise en ½uvre effective de cette dimension, telles que la création d'un volet culturel au sein de toutes les initiatives

MEDA. Cette démarche doit aussi intégrer l'approche genre.
L'artisanat féminin constitue un champ tout indiqué pour de telles initiatives. C'est sur cette base que se sont rencontrées en Jordanie, du 2 au 6 novembre 2000, une vingtaine d'associations de femmes artisanes, actrices de développement, des deux rives de la Méditerranée afin d'échanger et de confronter leurs expériences.

Déclaration d'Amman adoptée à l'occasion des rencontres
“ Femmes des deux rives ”
(2 - 6 novembre - Amman – Jordanie)

Dans le cadre de la mondialisation, les femmes sont au c½ur du défi de préserver leur identité culturelle dans un monde empreint de valeurs universelles, de nouvelles technologies, de moyens de communication et d'infrastructures.

Des ONG de 15 pays incluant les pays méditerranéens, les pays d'Europe centrale et orientale et les pays de l'Asie centrale se sont réunies au Forum inter régional “Femmes des deux rives : Culture, patrimoine et développement” tenu en Jordanie pendant une semaine afin d'échanger des expériences et de discuter des questions et objectifs suivants :




Objectifs

1. Renforcer l'acquisition de capacités des femmes en tant qu'actrices du développement.
2. Consolider les partenariats pour entreprendre une action commune de développement par la création d'un réseau d'ONG.
3. Améliorer la qualité de l'artisanat par des formations réciproques et structurées.
4. Promouvoir la production d'artisanat contemporain.

Les participants au Forum ont apporté les recommandations suivantes :

Recommandations

Tous les participants conviennent de la nécessité de l'accès des femmes à des chances égales et au processus de prise de décision.
Définir le concept, les procédures, les activités et la méthodologie pour promouvoir et protéger les produits culturels de développement par la création d'un label international pour ces produits et par l'établissement d'un comité paritaire afin de garantir l'application de cette mesure.
Soutenir la création de chaînes de communication et de commercialisation et la promotion des produits culturels de développement parmi les ONG
Soutenir les ONG à mener des campagnes de sensibilisation sur l'importance du patrimoine et de l'artisanat et introduire la connaissance artisanale au sein des programmes d'éducation formels et informels.
Organiser un salon bi-annuel euro-méditerranéen de produits culturels de développement qui se tiendra dans les différents pays euro-méditerranéen participants, tous les deux ans.
Nous remarquons que le système de microfinance, incluant des services financiers et non financiers, peut être un outil efficace de production et de promotion des produits culturels de développement. Nous recommandons que les services financiers leur soient adaptés, en termes de taux d'intérêt et de périodes de remboursement.
Utiliser une approche globale pour intégrer l'accès des femmes aux informations juridiques et aux informations du monde des affaires, au sein des projets de développement culturel.
Nécessité d'accroître l'utilisation de matériaux recyclés dans la production artisanale.

Encourager les ONG à motiver les femmes à entreprendre des projets artisanaux et environnementaux en utilisant des technologies et des produits recyclés et favorables à l'environnement.
Fournir aux femmes des mesures d'incitation (accès à des ressources financières, technologiques et autres) pour entreprendre des projets et des productions artisanales favorables à l'environnement.
Soutenir les ONG à la mise en ½uvre de la gestion des ressources de l'environnement national et fournir l'assistance technique et le savoir-faire aux ONG pour la préservation de l'environnement au niveau de la communauté locale.
Avoir un représentant des ONG dans chaque pays participant afin de représenter les ONG de chaque nation dans le réseau Méditerranéen : a. Suivi des recommandations. b. Développer des propositions pour des activités du programme pour les trois prochaines années, pour des objectifs de financement.


Résolution “Droits des Femmes”

Nous, “femmes des deux rives”, réunies au Forum du 2 au 6 novembre 2000, compte tenu de l'absence de toute recommandation du Forum civil Euro-Méditerranéen concernant les droits des femmes, ni même la participation des femmes aux activités prévues dans le cadre du partenariat Euro-Méditerranéen et des accords d'association entre pays du Nord et pays du Sud du Bassin Méditerranéen, revendiquons que des recommandations figurent en ce qui concerne :

la reconnaissance des femmes en tant que membres à part entière de l'ensemble du processus,
le droit à l'instruction, à l'information, à la formation, à l'emploi et à l'égalité effective des salaires,
un soutien financier à la création d'entreprises et d'activités salariées,
la protection juridique et sociale,
le respect de notre liberté, de notre dignité et de notre intégrité physique dans tous les pays,
l'accès aux soins, à la santé et à la contraception,
l'accès égal entre les femmes et les hommes aux postes de décision, à tous les niveaux, dans les domaines politique et économique.


Par ailleurs, on ne peut ignorer que la Méditerranée reste le premier pôle touristique de la planète. Les retombées économiques de cette activité sont au premier rang des enjeux de la région. Face au développement du tourisme de masse, les associations de développement local proposent aujourd'hui de nouveaux modes d'accueil et de rencontre s'inscrivant dans la perspective d'une économie culturelle et solidaire. Pour ainsi échanger leurs expériences, une cinquantaine de représentants de 16 associations et agences alternatives de voyage des deux rives de la Méditerranée ont pris part aux journées méditerranéennes sur le tourisme durable organisées du 24 au 27 août 2000 à Imilchil, dans le Haut Atlas marocain.


Déclaration d'Imilchil adoptée à l'occasion des
journées méditerranéennes sur le tourisme durable
(24 - 27 août - Imilchil – Maroc)

(...) Nous interpellons vivement les institutions publiques et privées, les organismes de coopération euro-méditerranéenne et la société civile dans son ensemble sur la nécessité et l'importance de promouvoir dans la région méditerranéenne un tourisme durable, équitable et facteur de développement local sur la base des recommandations suivantes :
1/ Prendre en compte les préoccupations des populations des régions visitées par les touristes par le renforcement et l'implication du tissu associatif local


2/ Etudier et valoriser le potentiel socio-économique local pour un tourisme durable qui s'inscrit dans une stratégie de diversification des activités

3/ Adapter et consolider les infrastructures locales existantes (habitat, équipements domestiques...) dans une double perspectives : amélioration des modes de vie des populations locales et des conditions d'accueil des touristes

4/ Accorder une attention particulière à l'implication des jeunes et des femmes en ciblant certaines activités touristiques vers l'éducation des jeunes au développement solidaire et vers la promotion du genre

5/ Soutenir les formations professionnelles et humaines d'acteurs touristiques adaptées aux spécificités du tourisme solidaire et facteur de développement dans les pays de la rive sud de la Méditerranée

6/ Encourager les initiatives qui visent à faire découvrir aux touristes qu'ils peuvent jouer un rôle dans le développement solidaire et dans le renforcement de la coopération régionale

7/ Renforcer le rôle du tourisme pour contribuer à faire connaître les atteintes aux droits de l'homme et des minorités dans certains pays méditerranéens :
en encourageant les petites structures de tourisme qui ½uvrent à la connaissance des peuples opprimés et des cultures marginalisées
en favorisant le rôle des échanges humains comme pouvant fortement participer à la résolution de certains conflits qui empêchent un véritable partenariat en Méditerranée à l'exemple du conflit israélo-palestinien

8/ Créer et favoriser les lieux de concertation et de réflexion entre tous les acteurs concernés de près ou de loin par l'activité touristique pour adapter, diffuser et faire appliquer les textes relatifs au tourisme et notamment la charte du tourisme durable publiée par l'Organisation Mondiale du Tourisme. Dans le cadre du processus Euro-méditerranéen, une proposition concrète des participants serait d'encourager la création à l'échelle de chaque zone touristique d'un pays membre d'une maison du tourisme durable regroupant la diversité des acteurs concernés par la question (agence de voyage, associations locales, collectivité, délégations ministérielles intéressées...).

Les associations, réseaux d'associations et les agences de voyage participantes ont décidé de continuer à échanger leur expériences et à collaborer ensemble pour promouvoir la mise en ½uvre des recommandations de la rencontre d'Imilchil.

Gestion des ressources naturelles et des services publics
Parmi les nombreux problèmes qui assaillent aujourd'hui les populations des pays les plus pauvres de la planète, et tout particulièrement ceux du Bassin méditerranéen, l'accès à des services publics décents (jusqu'alors à la charge de l'État ou des collectivités locales, qui ont parfois tendance à se désengager), est parmi les plus évidents et les plus urgents. Il s'agit notamment de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, de la gestion des ordures ménagères, de l'électrification des zones isolées. Ces aspects sont très intimement liés à la gestion des ressources naturelles et à la prise en compte de modalités qui font primer l'intérêt général sur les intérêts particuliers.
L'ensemble de ces aspects constitue un élément vital dont dépend tout développement durable pour les populations urbaines et rurales. Les réponses induites par la globalisation, en particulier le marché, sont loin d'être seulement positives à cet égard. Pour répondre à ces enjeux, diverses formes de coopération se sont mises en place, entre partenaires du Sud et du Nord de la Méditerranée.


Des actions environnementales et de développement durable menées par les ONG et, dans le cadre de la coopération décentralisée, par des collectivités locales, participent ainsi, à leur façon, au développement local. Les ONG du Nord nouent des relations de coopération directe avec les partenaires du Sud et de l'Est de la Méditerranée et leur apportent un appui technique, financier et humain. D'une approche plutôt technique, elles sont progressivement passées à une approche globale du développement local. Cette longue expérience d'initiatives de développement, menées en collaboration avec les populations leur a permis d'acquérir une compétence technique, ainsi qu'une pratique des méthodes d'animation et de gestion des projets de coopération. (La place des Ong du Sud et leurs objectifs dans leurs relations avec le Nord reste à expliciter lors de l'atelier).
Ces ONG poursuivent trois objectifs principaux :
L'émergence et le renforcement de leurs partenaires locaux (ces acteurs locaux sont principalement représentés par des associations et des groupements de gestion d'équipements);
La pérennisation et les viabilités des actions engagées sur les plans techniques, économiques, sociaux, environnementaux;
Le partage d'expériences et de savoir-faire et la mise en réseau au plan international.
Elles insistent aujourd'hui sur la nécessité de prendre le temps et les moyens d'étudier finement avec les populations leur demande réelle, de manière à ce que les habitants soient immédiatement impliqués dans la conception et la mise en place des projets. En suivant un tel processus, on parle d'approche participative, la question de l'appropriation complète des équipements comme des méthodes par les habitants n'est alors plus un problème.
Outre les Ong, des acteurs comme les collectivités territoriales françaises possèdent des compétences professionnelles multiples et variées en matière de planification et gestion des services publics et de territoires urbains comme ruraux. A ce titre, elles sont des partenaires privilégiés pour coopérer avec leurs homologues d'autres pays du Bassin méditerranéen. Dans la plupart des cas, ces collectivités ont été conduites à participer à des actions de coopération Nord-Sud à la demande d'associations ou d'individus, et ce n'est qu'après coup qu'elles ont éprouvé la nécessité de formaliser leur politique dans ce domaine. Ces collectivités interviennent de façon autonome ou au travers de leurs collectifs au niveau national, européen et international, afin d'améliorer et renforcer leur capacité d'intervention dans les pays du Sud.
La gestion des ressources naturelles de manière équitable et équilibrée pose plusieurs questions telles que :
la connaissance des ressources naturelles disponibles
le rôle et la place des services publics et comment améliorer l'accès à l'information et aux résultats des chercheurs.
la difficulté à prendre position dans les enjeux concurrents sur l'espace et les ressources naturelles (en particulier l'eau) souvent apparus lors des moments de partage entre l'Etat et le marché. Ce partage pénalisant bien souvent gravement et parfois irrémédiablement les systèmes sociaux et écologiques en place.
la place des acteurs de base et leur capacité d'expression.

Au Maghreb, les oasis sont des exemples de territoires limités pour lesquels une gestion partagée et concertée des ressources naturelles conditionne à court terme la survie même du milieu et de ses habitants. En ce sens, ils résument et préfigurent d'une certaine manière le sort de notre planète, et constituent un patrimoine commun, dont le rôle pédagogique et la charge symbolique doivent être préservés. Des associations y sont actives et mettent en ½uvre des projets de développement local en complémentarité des pouvoirs publics locaux. Une quinzaine de ces associations, venant des oasis d'Algérie, du Maroc, de Mauritanie et de Tunisie ont ainsi confronté leurs expériences et partagé leurs préoccupations liées à la sauvegarde des oasis.


Déclaration de Chenini, adoptée à l'occasion de
l'atelier international sur le développement local
et les innovations des Ong en milieu oasien
(9 - 14 juin 2000 - Chenini Gabes - Tunisie)

Préambule

Malgré une très grande diversité de situations, les constats convergent sur des mutations portant atteinte au système oasien et de nature à remettre en cause sa pérennité : graves concurrences sur l'eau, réduction de la biodiversité animale et végétale et perte des savoir-faire associés, réduction grave des cheptel de palmiers et des surfaces agricoles cultivées, etc...

Ces dégradations sont liées à des causes diverses telles que : urbanisation sauvage, industrialisation autour des oasis, perte de rentabilité dues aux dégradations liées à l'abandon de l'agriculture ou au contraire à des pratiques agricoles inappropriées, perte de valeur économique de certaines productions oasiennes et morcellement des parcelles ; pollutions diverses, ensablement, augmentation de la salinité des sols, maladie du palmier, etc...

Face à cette situation les participants ont estimé qu'il était urgent d'unir leurs voix pour attirer l'attention de l'opinion publique nationale et internationale sur le déclin des oasis en tant que patrimoine de l'humanité et sur l'urgence du renforcement des acteurs et des partenariats pour y faire face. En particulier ils saisissent l'opportunité des rencontres liées au processus de Barcelone IV à Marseille pour contribuer au débat lors du Forum Civil Euromed.

Une préoccupation forte en matière d'Environnement et Développement Durable

Les problèmes liés à l'environnement et au développement durable sont très vastes mais concernent fortement les oasis. Nous nous sommes tenus à certains aspects qui revêtent une urgence d'intervention particulière pour laquelle une large mobilisation doit être consentie. Les participants estiment que les acteurs des oasis doivent faire

de ces problèmes une priorité dans leur programme d'action et impliquer l'ensemble des collectivités et institutions publiques.

Dans le milieu oasien toute action doit être basé sur une approche participative, même si l'acteur est l'Etat, car l'oasis est un système fermé. Le premier maillon d'intervention est l'association de base qui doit être crédible :

La sensibilisation de la population à une gestion durable et citoyenne des ressources en eau.


L'intervention urgente des associations pour instituer des systèmes pouvant parfaitement s'adapter aux modes de vie et apportant des solutions aux problèmes des eaux usées : le lagunage a été évoqué comme une des solutions à privilégier
Les associations n'ayant pas tous les moyens nécessaires, elles doivent rechercher les collaborations avec les collectivités concernées pour des montages financiers et techniques permettant de mener les projets à terme. Ces projets doivent faire l'objet d'études sérieuses et compatibles avec l'environnement considéré, répondant au triptyque d'économie, de durabilité et d'efficacité.
La situation des oasis étant propice à l'utilisation de l'énergie solaire et éolienne à tous points de vue, il convient de favoriser la vulgarisation de ces technologies qui répondent aux besoins de fixation des populations, de l'amélioration de leurs conditions de vie et à la préservation de
l'environnement.
La lutte contre l'ensablement est une priorité dans les régions sablonneuses et doit faire l'objet des préoccupations constantes des populations concernées malgré les contraintes que

cela suppose. Des études de faisabilité doivent être faites pour adapter les techniques aux conditions locales.
Maintien de la biodiversité : l'erreur souvent commise est de vouloir coûte que coûte produire des variétés de cultures non adaptées aux conditions locales au détriment de celles qui sont issues de l'oasis. L'effort doit être axé sur la protection des variétés locales existantes, et de la reprise de celles qui ont disparu ou sont en voie de disparition.

Une volonté d'ouverture en direction des innovations économiques

Face à une tendance forte vers l'exode, l'introduction d'innovations économiques et techniques est indispensable pour maintenir une population active dans les oasis qui ne peuvent survivre sans cette condition. Il convient donc d'encourager et développer :

La transformation locale et la conservation des produits : désinsectisation, sous-produits des dattes ( confitures, sirops, confiseries, aliments bétail, recettes culinaires nouvelles, ...)
La création de labels locaux "produits d'oasis"
La généralisation des techniques respectueuses de l'écosystème fragile et permettant une production de haute qualité : en particulier les techniques de compostage des déchets végétaux et autres.
La réflexion et l'encouragement à un tourisme culturel organisé et maîtrisé en fonction des possibilités d'accueil de l'oasis et visant à provoquer des retombées économiques locales.
La recherche de tout système de valorisation intégré de l'espace oasien avec introduction d'espèces à usages multiples et amélioration des petits élevages dont l'apiculture.
Promotion de petits matériels et de technologies appropriées aux activités économiques.


Mobilisation et renforcement des dynamiques associatives : une exigence de qualité

Dans une oasis, il y a différents acteurs, comment arriver à une concertation et une dynamique globale ? Les associations ont aussi pour rôle de fédérer les différents acteurs


de l'oasis (elles mêmes comprises) d'aider à la constitution de comité de réflexion et de gestion, de permettre aux bénéficiaires des actions d'être partie prenante des projets.

Une association doit être moins porté sur l'urgence d'établir un projet pour résoudre un problème que par l'organisation de la dynamique globale pour ce projet. Lorsque des associations ou des organisations existent déjà sur place, il faut chercher à se placer en appui de ce qui existe. Face à un problème l'envie de travailler dans l'urgence cherche à s'imposer, mais l'approche participative est lente : pourtant c'est elle qui est le clef du développement durable.
Les ONG à dimension nationale ou étrangères à l'oasis ne doivent pas susciter de projets pour lesquels les associations de bases seraient des sous-traitant exécutants. Pour que le projet soit durable, elle doit appuyer une dynamique locale déjà existante.

Un cadre exigeant de relations entre ONG, université et Etat

Cette relation indispensable doit être claire et contractuelle comme facteur de durabilité et de crédibilité.

Les associations ne doivent pas être de simples prestataires de services de l'État ou de l'Université mais créer une relation de partenariat responsable autour d'objectifs appliqués.




Besoins, souhaits et perspectives suites à l'atelier

Création d'un lieu ou système de collecte et de diffusion des informations sur les oasis pratiques oasiennes utiles
Création d'un lien - type bulletin périodique - entre acteurs méditerranéens des oasis, en particulier les ONG et en lien avec l'agenda 21 des Nations Unies
Renouveler périodiquement les présentes rencontres en des lieux à chaque fois différents pour mieux s'enrichir des expériences des uns et des autres.
Aller dans le sens d'un plan d'action concerté
Lancer un appel international en faveur de la protection des oasis lors du Forum Civil Euromed (...)






D'autres rencontres préparatoires au Forum Civil se sont déroulées sur le thème du développement local dans le partenariat euro-méditerranéen. A Alger, une table-ronde nationale s'est ainsi tenue le 19 octobre 2000, lors de laquelle les trois thématiques développement local, jeunesse et environnement ont été abordées. Les participants à cette rencontre ont formulé des amendements qui ont été pris en compte dans le présent document.


Ces listes recensent toutes les organisations ayant participé à chaque atelier préparatoire au Forum Civil sur la thématique du développement local, sur la base des listes établies par les organisateurs Ces listes sont cependant non exhaustives dans la mesure où certaines de ces rencontres étaient ouvertes.

Liste des organisations ayant participé à l'atelier de Chénini
(Tunisie) (9-14 juin 2000)

Association pour la Protection de l'Environnement - Algérie
Contact et Entraide Paysanne (CEP) - Algérie
SPZA - Algérie
TIGHIRA - Algérie
Amicale Amitié Coopération Figuig (AACF) - Maroc
ALCESDAM - Maroc
"Oasis Verte" - Maroc
TENMIYA - Mauritanie
Union des coopératives de Hassi Tine - Mauritanie
CARI - France
Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) - France
ADMass dévelopt Metline - Tunisie
AGIM Gabès Ouest - Tunisie
ASAD - Tunisie
ASAK - Tunisie
ASDEAR - Tunisie
Association de Sauvegarde de l'Oasis de Chénini (ASOC) - Tunisie


Liste des services locaux relevant des pouvoirs publics ayant participé à l'atelier de Chénini
(Maroc, 9-14 juin 2000)

CRDA GABES - Tunisie
INGREF - Tunisie
IRA Gabès - Tunisie
OEP - Tunisie
OEP Tunis - Tunisie




Liste des organisations ayant participé aux rencontres méditerranéennes du développement local
(Grans, France - 18 au 25 juin 2000)

Association Culturelle " Taos et Jean Amrouche" - Algérie
Contact et Entraide Paysanne (CEP) - Algérie
Dialogue et Action - Algérie
Femmes Et Développement en Algérie (FEDA) - Algérie
Touiza Développement - Algérie
Association for the Protection of the Environment - Egypte
Association de la Haute Egypte pour l'Education et le Développement - Egypte
Sohag Businessmen Association (SBA) - Egypte
The Egyptian Association for Societal Safety (EASS) - Egypte
Caritas Egypte - Egypte
Association Régionale pour le Développement Local en Provence - Alpes - Côte d'Azur (ARDL-Paca) - France
Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) - France
Chambre des Beaux Arts de Méditerranée - France
Union Nationale des Acteurs et structures de Développement Local (UNADEL) - France
Questscope - Jordanie

Soins Infirmiers et Développement Communautaire (SIDC) - Liban
Mouvement Social Libanais (MSL) - Liban
Ecole Libanaise de Formation Sociale (ELFS) - Liban
AJIAL - Centre Culturel Palestinien - Réfugiés palestiniens du Liban
Amicale Amitié Coopération Figuig (AACF) - Maroc
Association Marocaine de Solidarité et de Développement (Amsed) - Maroc
Association Marocaine pour l'Appui au Développement Local (Amal) - Maroc
Association Mouvement Twiza- Maroc
Association Oued Srou (AOS) - Maroc
Espace Associatif- Maroc
Alternative Information Center (AIC-Bethléem) - Palestine
Palestinian Agricultural Relief Committees (PARC) - Palestine
Deir Mar Musa -Syrie
Al Mazraa - Syrie
Association de Développement Durable (ADD) - Tunisie
Association de Sauvegarde de l'Oasis de Chénini (ASOC) - Tunisie
Association pour la Promotion de l'Emploi et du Logement (APEL) - Tunisie
El Taller - Tunisie




Liste des organisations ayant participé aux journées méditerranéennes sur le tourisme durable
(Imilchil, Maroc - 24-27 août 2000)

Association Protection de l'Environnement - Algérie
CCFD - France
Géographie du tourisme Réseau Med - France
Migrations et Développement - France
Transverses - France
Tetraktys - France
Association ALL - Liban
ADRAR - Maroc
Association Oued Srou - Maroc
Association Producteurs Fruits et Légumes - Maroc
Association Tamounte - Maroc
Fédération des Associations de Figuig - Maroc
Tizi Randonnées - Maroc
Alternative Tourism Group - Palestine
HDIP Palestine - Palestine
Library on Wheels for Non Violence and Peace - Palestine


Services émanants des pouvoirs publics

Délégué Transport - Maroc
Commune Rurale Imilchil - Maroc
Ministère de l'Agriculture et de la Pêche - Maroc
Ministère des Eaux et Forêts - Maroc
Ministère du Tourisme - Maroc






Liste des organisations ayant participé à l'atelier organisé par un collectif d'associations algériennes
(Alger, Algérie - 19 octobre 2000)

Association ADPDF - Algérie
Association AFCARE “ Femmes Cadres ” - Algérie
Association AREA-ED - Algérie
Association ASC “ Ath. Soula ” de Bejaïa - Algérie
Association ASEDM - Algérie
Association des Apiculteurs de Blida - Algérie
Association “ Djazairouna ” - Algérie
Association FEDA (Tizi-ouzou) - Algérie
Association Femmes Agricultrices - Algérie
Association Femmes et Développement Rural - Algérie
Association “ Femmes et Entreprises ” - Algérie
Association pour le Création et la Promotion de l'Entreprise (ACPE) - Algérie
Association pour l'Egalité devant la Loi - Algérie
Association Promotion de la Femme Agricultrice de la Wilaya d'Alger - Algérie
Association “ Rencontre avec l'Algérie de demain ” - Algérie
Association SEVE “ Savoir et Vouloir Entreprendre ” - Algérie.
Association “ Tharwafatma N'soumer ” - Algérie
Association Vie - Algérie
Fondation Djilali Belkhenchir Enfance - Algérie
Scouts musulmans algériens - Algérie
Touiza (Alger) - Algérie



Liste des organisations ayant participé aux journées sur le développement local et le PEM
(Akbou, Algérie - 3 et 4 novembre 2000)

Association Agir pour l'insertion et le développement (Akbou) - Algérie
Association Amel - Algérie
Association AMSED (Ighil Oumced) - Algérie
Association Assirem (Ighram) - Algérie
Association culturelle Taos et Jean Amrouche (Ighil Ali) - Algérie
Association de femmes Tigejdit (Larbaa Nath Irathen) - Algérie
Association des Amis de l'art (Akbou) - Algérie
Association Perspectives (Akbou) - Algérie
Association sociale Tagmats (Boudjellil) - Algérie
Association socioculturelle Takâatz (Seddouk) - Algérie
Association SOS Solidarité (Ouzellaguen) - Algérie
Association Tacemlit (Takorabt) - Algérie
Association Tafath (Bouhamza) - Algérie
Association Tifrath (Azib) - Algérie
Association Tudert (Fethoun) - Algérie
Collectif d'Initiation Aux initiatives de Recherche Appliquée (CIARA) - Algérie
Croissant rouge algérien (Amalou) - Algérie
Dialogue et Action (Akbou) - Algérie
Institut de Formation et de Soutien aux Initiatives de Développement (IFSI-D) (Tizi-Ouzou) - Algérie
Union générale des commerçants algériens (Akbou) - Algérie
ECTI - volontaires seniors français (Paris) - France.
NECFA, échanges franco-algériens (Paris) - France




Liste des organisations ayant participé à la rencontre “ Femmes des deux rives ”
(Amman, Jordanie - 2 au 7 novembre 2000)


FIFA - Albanie
HERINE - Armenie
FEDA - Algérie
Rachda Tebessa - Algérie
Artistes Sans Frontières - Belgique
CNCD - Belgique
Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement - France
Chambre des Beaux Arts de Méditerranée - France
Badr Al Duja - Jordanie
Jordan River Foundation - Jordanie
Noor Al Hussein Foundation - Jordanie
Ak Moral - Kirghizstan
Mouvement Social Libanais - Liban
Najdeh - Liban
BWA - Ouzbékistan
Palestinian Working Women Society - Palestine
Essalem - Tunisie
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 11:48

EVENEMENTS D'ALGERIE (AVRIL - AOÛT 2001)

EVENEMENTS D'ALGERIE (AVRIL - AOÛT 2001)
CHRONOLOGIE ET LISTE DES VICTIMES
algeria-watch avec la collaboration de Salah-Eddine Sidhoum de Justitia Universalis
Liste non exhaustive des victimes des émeutes en Algérie
Mercredi 18 avril 2001
Un jeune lycéen de 19 ans, est arrêté à Béni Douala et gardé à vue à la brigade de gendarmerie. Il est grièvement blessé d'une rafale de kalachnikov par un gendarme à l'intérieur de la brigade. Il succombe à ses blessures le lendemain à l'hôpital Mustapha d'Alger. La gendarmerie parle de mort accidentelle, suite à une malencontreuse man½uvre d'une Kalashnikov par un gendarme. Son père parle d'assassinat. Ses amis dénoncent son exécution sommaire. Très vive émotion dans le village où la tension est très vive.
Samedi 21 avril
Manifestations et grève générale à Béni Douala (Tizi-Ouzou) suite à la mort de Guermah Mohamed Massinissa. Des affrontements avec les brigades anti-émeutes font 14 blessés.
Dimanche 22 avril
Poursuite des manifestations et des affrontements suite à la mort du jeune lycéen à Béni Douala (Tizi-Ouzou). Plusieurs blessés sont dénombrés.
Violents affrontements et scènes d'émeutes à Amizour (Béjaïa) suite à l'arrestation arbitraire de deux jeunes lycéens par des gendarmes alors qu'ils se dirigeaient avec leur professeur de sport vers le stade. La mairie et la daïra sont saccagées. Les dégâts matériels seraient très importants.
Lundi 23 avril
Pour le 3e jour consécutif, les manifestations et affrontements se poursuivent à Béni Douala (Tizi-Ouzou), après l'enterrement du jeune lycéen mortellement blessé à la brigade de gendarmerie du village. Une vingtaine de blessés est à déplorer. Le siège des ponts et chaussées est saccagé par les manifestants.
Poursuite des affrontements également à Amizour où la daïra, la kasma du FLN et le tribunal sont saccagés. Le village de Berbacha (Béjaïa) est contaminé par la contestation. Des lycéens tentent d'attaquer la daïra.
Mardi 24 avril
Sidi Aïch (Bejaïa) : Plusieurs centaines de manifestants envahissent la ville et s'attaquent à plusieurs établissements publics (daïra, banques...). Un semi-remorque bloque la route.
A Seddouk (Bejaïa) : Violentes manifestations dans la ville. Des lycéens et collégiens s'en prennent à des édifices publics qui sont saccagés.
A Béni Douala (Tizi-Ouzou) : La tension est vive dans le village. La brigade de gendarmerie est assiégée. Les jeunes manifestants accordent un ultimatum de 72 heures aux gendarmes pour quitter le village.
A Tizi-Ouzou-ville : Marche d'un millier de lycéens à travers les rues de la ville, scandant des slogans contre le pouvoir. Pas d'incidents.
A El Kseur (Bejaïa) : Scènes d'émeutes dans la ville. Des centaines de manifestants incendient la recette des impôts et la mairie. Violents accrochages avec les brigades anti-émeutes. Les éléments des brigades anti-émeutes tirent sur la foule : 4 blessés dont un policier.
A Amizour (Bejaïa) : La brigade de gendarmerie est assiégée. Violents affrontements entre manifestants et gendarmes : un jeune manifestant de 15 ans est grièvement blessé par balles à la tête. Onze éléments des brigades anti-émeutes sont blessés dans les échauffourées.
Mercredi 25 avril
Poursuite et extension de la révolte de la jeunesse en Kabylie :
Scènes d'émeutes à Sidi Aïch : la mairie et une banque sont incendiées. Barricades dans les rues principales. Six policiers blessés.
A Tazmalt : la poste, les impôts et le siège de la Sonelgaz sont saccagés et brûlés. Les banques et le siège de la daïra font l'objet d'actes de destruction. La route nationale est barricadée.
El Kseur : La brigade de gendarmerie est assiégée par de jeunes manifestants. Les gendarmes tirent sur la foule : deux jeunes manifestants grièvement blessés. L'un d'eux aurait succombé à ses blessures.
Seddouk : Affrontement entre gendarmes et manifestants : un mort (Mokdaden Djamel) et un blessé par balles.
Ighzer Amokrane (Ouzellaguen) : violents affrontements entre de jeunes manifestants et les brigades anti-émeutes : 3 morts et 17 blessés dont deux dans un état comateux.
M'Cheddallah (Bouira) : manifestation pacifique de lycéens et collégiens qui tentent de rejoindre la ville de Tazmalt. Des pneus sont brûlés sur la route qui est fermée à la circulation.
Ath Abbas (Bejaïa) : de jeunes manifestants révoltés tentent de rejoindre Aftis, en saccageant tout sur leur passage.
Berbacha : 3e jour d'affrontements avec les brigades anti-émeutes : 2 blessés par balles. Les sièges de la daïra et des impôts sont saccagés.
Tichy, Aokas, Souk El Thenine : violentes manifestations. La mairie de Souk El Thenine et le siège de l'EDEMIA sont incendiés. Barricades sur la RN 9. Utilisation de semi-remorques pour bloquer les routes. A Tichy, la résidence d'Etat est totalement incendiée, tout comme les résidences du wali et du secrétaire général de la wilaya de Bejaïa.
Marche de lycéens de Draa Ben Khedda sur Tizi-Ouzou. Manifestations pacifiques de protestation contre la répression à Draa El Mizan, Aïn El Hammam et Tizi Ghenif.
Scènes d'émeutes à Boghni : de jeunes manifestants essuient des coups de feu du propriétaire de l'hôtel Thiniri : 6 blessés dont l'un d'eux aurait succombé à ses blessures. Cette grave provocation entraîne la révolte des jeunes manifestants. Intervention de la police qui arrête le propriétaire de l'hôtel et sa bande armée, ce qui calme relativement les jeunes manifestants.
Emeutes à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou) : Après la marche pacifique de la matinée, de jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie où des affrontements ont lieu avec les gendarmes. Des blessés sont signalés parmi les manifestants.
Jeudi 26 avril 2001
Ouzellaguen :Reprise des affrontements à Ighzer Amokrane : 2 blessés. Le bilan des émeutes depuis deux jours est de 5 morts (Chila Farid, Haddad Nadir, Saddek Brahim, Makhmoukh Kamal et Saïdi Akli) et 42 blessés.
Derguina (Bejaïa) : le siège de l'APC, la kasma du FLN, la daïra, le centre de formation professionnelle et le bureau des forêts saccagés par les jeunes manifestants.
Ath Smaïl : la daïra est brûlée par les manifestants.
Tichy : la brigade de gendarmerie continue d'être assiégée par les manifestants.
Maghra (commune de Boukhlifa. Bejaïa) : les gendarmes tirent sur les manifestants : 1 adolescent de 15 ans tué et un blessé.
Bakaro (Bejaïa) : Manifestation de jeunes lycéens : 3 blessés.
Kherrata : violentes échauffourées entre manifestants et les brigades anti-émeutes. La salle omnisports, le siège de la Sonelgaz et la caisse de sécurité sociale sont incendiés. Nombreuses arrestations et nombreux blessés.
Tizi Rached (Tizi-Ouzou) : la population assiège la brigade de la gendarmerie. Les familles de gendarmes sont évacuées en catastrophe. Les locaux du FFS et du RCD incendiés tout comme la banque, la Casoral et la recette communale des impôts.
A Aït Yahia Moussa, près de Dra El Mizan, un milicien tue un jeune adolescent de 16 ans (Chaïbet Hocine).
Ouadhias : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes : 1 mort (Bouarab Samir) et 20 blessés. Arrivée de renforts.
Aïn El Hammam : le tribunal et la recette des impôts sont saccagés par les manifestants. Violents affrontements entre manifestants et gendarmes à Sidi Ali.
Les Ouacifs : Le tribunal saccagé par des manifestants. Deux véhicules de la gendarmerie incendiés. Une partie de la brigade de gendarmerie saccagée.
Tizi Ghenif : Des édifices publics (mairie, daïra, parc communal) sont saccagés par les manifestants à la fin d'une marche. La brigade de gendarmerie est assiégée.
Larbaâ Nath Irathen : Un hôtel est totalement détruit. Les manifestants font mouvement vers la brigade de gendarmerie de la ville. On dénombre deux morts (Belhouane Azzeddine et Hamache Arezki) pour cette journée d'émeutes.
Manifestations dans toute la daïra de M'chedallah (Bouira), s'étendant jusqu'à Haïzer, Bechloul. Selon des témoignages, certains fils de commerçants demanderaient aux jeunes manifestants de brûler le siège des impôts. Des bombes lacrymogènes sont jetées dans les appartements. De nombreux bébés sont évacués vers les hôpitaux.
Autoroute Alger-Tizi-Ouzou bloquée à Tadmaït.
Tazmalt ressemblerait à un véritable champs de bataille suite aux affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes. De nombreuses arrestations auraient été opérées.
Seddouk : Le siège des impôts, la Sonelgaz, le siège de la Sécurité sociale et la kasma du FLN sont détruits par des incendies. Trois blessés sont évacués sur l'hôpital d'Akbou. Décès d'un enfant de 11 ans (Medjane Farid) à Seddouk confirmé.
Des émeutes sont signalées à Maâtkas. A Tizi-Rached, le siège des impôts et la banque sont brûlés.
Les manifestations auraient touché Kherrata, Taskariout, Souk El Thenine, Aokas, Tichy, Oued Ghir, Oued Amizour, El Kseur, Timzrit, Akbou, Seddouk, Ighzer Amokrane et Tazmalt.
Marche à Tizi-Ouzou. Des affrontements sont signalés devant le tribunal. Un millier de manifestants marche sur la brigade de gendarmerie. Violents affrontements avec les gendarmes : 1 mort.
Retour au calme à Béni Mohli (Sétif).
Les manifestants auraient détruit la brigade de gendarmerie à Azazga. Tirs contre les manifestants. Des policiers auraient rejoint les manifestants. Arrivée de renforts de Fréha.
A Bouira, fermeture de la RN5. La circulation vers Constantine est déviée à Lakhdaria. Manifestations à Taourirt, Bechloul, Adjiba et Saharidj. Arrivée de renforts (brigades anti-émeutes) sur M'Chedellah.
La ville de Tizi-Ouzou est calme. On signale cependant un incendie près du stade.
A Azazga, des informations font état d'échauffourées avec les gendarmes. La brigade de gendarmerie est assiégée. Des établissements publics saccagés. Le tribunal d'Azazga est brûlé par les manifestants.
Deux citoyens grièvement blessés par balles à Akbou.
El Kseur, des jeunes manifestants s'attaquent aux policiers qui ouvrent le feu : 2 morts et 7 blessés. Le maire de la ville de Kseur tabassé par les manifestants.
Le calme est revenu dans la wilaya de Bouira. La route est cependant bloquée à Lakhdaria.
Affrontements entre jeunes manifestants et gendarmes à Tigzirt. Des blessés par balles sont à dénombrer dont un grièvement.
Ighzer Amokrane : Poursuite des affrontements : 2 manifestants grièvement blessés. Le bilan depuis le début des émeutes dans la région s 'élève à 5 morts et 42 blessés.
Aokas : poursuite des échauffourées : 9 blessés dont 2 grièvement. Destruction de l'agence de la Sonelgaz, de la banque BADR et de bungalows.
Bouzeguène : Le siège de la milice communale saccagé par les manifestants. Imposante marche des lycéens. La brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants.
Vendredi 27 avril 2001
Freha : 2 morts dont le jeune Amghar Tahar 22 ans, tué à bout portant et deux grièvement blessés.
Tigzirt : 4 blessés graves.
Béni Mohli (Sétif) : 1 mort : Hamoudi Yahia. 60 ans.
Maâtkas : 2 morts : Guendoud Amar 23 ans et Ouahab Rachid 17 ans.
Ouadhias : Reprise des affrontements avec les gendarmes après une brève accalmie : morts (Mokhtari Amar, Khorsi Hamza, Sennour Boudjema, Heddad Hamza et Feddi Bélaïd).
Azazga : violents affrontements entre manifestants et gendarmes : 7 morts :
§ Mihad Mustapha, 27 ans, Azazga-Centre.
§ Malki Kamel, 27 ans, Timézouine Chorfa.
§ Irchane Kamel, 27 ans, Aït Aïssa, Yakourène.
§ Aghadir Ahcène, 20 ans, Tizi Bouchène. Azazga.
§ Mouter Sofiane, 24 ans.
§ Djebbar Mourad.
§ Malek Tahar, 23 ans, Timézouine Chorfa.
Citoyens grièvement blessés:
§ Aïlem Ahcène, 21 ans, Azazga.
§ Amazouz Abdelghani, 25 ans, Tizi Bouchène.
§ Djaballah Samir, 23 ans, Tizi Bouchène.
§ Sadadou Mourad, 28 ans, Tizi Bouchène.
§ Belhadj Mustapha, 25 ans, Chorfa.
§ Sadadi Saïd, 20 ans, Chorfa.
§ Dikas Massinissa, 18 ans, Fréha.
§ Boukaïs Tarik, 28 ans, Tizi Bouchène.
§ Arab Boukhalfa, 23 ans, Tizi Aïssa Ifigha.
§ Moussaoui Hocine, 23 ans, Tizi Bouchène.
Les blessés évacués sur l'hôpital de Tizi-Ouzou :
§ Chahint Djamal, 27 ans, Azazga.
§ Mouder Kamal, 24 ans.
§ Mouder Mohamed, 40 ans.
§ Ticherfatine Samir, 21 ans, Azzefoun.
Akbou : Poursuite des manifestations. Magasins fermés et rues barricadées. Violents affrontements avec les brigades anti-émeutes : 7 blessés dont 2 grièvement. Les locaux du RCD et du FFS incendiés. La banque CPA, la Sonelgaz et la recette des impôts saccagées. On parle de 2 policiers brûlés vifs dans leur véhicule.
Tazmalt : Des centaines de manifestants envahissent la ville. De nombreux édifices publics sont incendiés.
Kherrata : poursuite des émeutes pour la 2e journée consécutive. Les Impôts, la poste et l'APC sont incendiés. La route est bloquée au niveau du tunnel de Bordj Mira.
Ighil Ali : Les sièges du FFS, du FLN et du RCD incendiés par les manifestants.
Samedi 28 avril
§ Wilaya de Sétif :
Béni Ouartilane : Manifestations pacifiques de lycéens et collégiens aux cris de "pouvoir assassin " et de "tamazight obligatoire ". La localité est paralysée par une grève générale. En fin de matinée, les citoyens des localités de Béni Mohli et Ath Chebana rejoignent Béni Ouartilane. La manifestation dégénère au bout de quelque temps : Le siège des Impôts et le tribunal sont brûlés. Un citoyen est grièvement blessé par balles.
§ Wilaya de Bejaïa :
Bejaïa-ville : Importante marche au centre de la ville. Une véritable marée humaine déferle vers le siège de la wilaya. Des militants du FFS sont agressés par des jets de pierres en tentant d'improviser un meeting pour canaliser le mouvement. Des contre-marches sont organisées par un groupuscule d'extrême gauche, armé de bâtons, tentant d'entraîner des enfants sur leur parcours. Le bâtiment de la gendarmerie est bombardé de pierres. Les agences d'Air Algérie, de la CNAN et la maison de la culture sont saccagés. Un camion de la protection civile est incendié. De nombreux blessés sont à dénombrer.
Tazmalt : Affrontements entre les brigades anti-émeutes et manifestants. Des grenades lacrymogènes sont utilisées.
Seddouk : un manifestant de 35 ans (Madjane Mehdi), originaire de Béni Djelil tué lors d'affrontements avec des gendarmes.
Addekar : Incendie de la recette des impôts et de la daïra. La brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants : 1 mort et 3 blessés par balles. Nombreuses arrestations.
Akbou : Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : 18 blessés dont un policier. La ville est plongée dans l'obscurité suite à un sabotage de l'éclairage. L'inspection des impôts est saccagée. La brigade de gendarmerie est assiégée. Pour le 4e jour consécutif, les commerces sont fermés. La RN 26 est bloquée par les manifestants. Selon les sources hospitalières, le nombre de morts dans cette commune s'élève à 5 et le nombre de blessés à 50.
Ighil Ali : Violentes échauffourées entre jeunes manifestants et brigades anti-émeutes : 4 blessés dont un policier. La brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants. Des gendarmes tirent sur les jeunes : 2 blessés. Les manifestants prennent en otage un officier et négocient le départ des gendarmes de la ville.
Chemini (Sidi Aïch) : un mort suite à des affrontements entre manifestants et gendarmes.
§ Wilaya de Tizi-Ouzou :
Tizi Rached : Reprise des affrontements en fin de matinée entre les brigades anti-émeutes et la population : 2 morts. La Casoral, l'Eriad et la banque BADR sont saccagés. Les jeunes manifestants s'attaquent à la brigade de gendarmerie en utilisant un camion-kamikaze : 5 blessés graves.
Tizi-Ghenif : 2 morts et 7 blessés par balles lors d'affrontements entre manifestants et gendarmes lors du siège de la brigade.
Tadmaït : manifestation de jeunes lycéens. Ils rejoignent la RN 12 qui est bloquée à la circulation.
Draa Ben Khedda : De jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie. La recette des impôts est saccagée et le poste de police attaqué. Affrontements avec les brigades anti-émeutes.
Tamazirt : Un jeune manifestant tué par balles devant la brigade de gendarmerie.
Makouda : Un mort et 3 blessés par balles lors d'affrontements entre manifestants et forces de sécurité.
Tizi-Ouzou : un blessé évacué d'Azazga, succombe à ses blessures à l'hôpital.
Le FFS annonce le report de la marche pacifique prévue dans la ville en raison d'informations faisant état de présence de provocateurs. Cela n'empêche pas les jeunes citoyens à se regrouper et à marcher dans la ville aux cris de "pouvoir assassin " et de "Djeich, Chaab, maâk ya Hattab ". Le siège de la gendarmerie est assiégé par les manifestants. D'autres accrochages avec les brigades anti-émeutes ont lieu près de l'hôpital.
Tigzirt : Affrontements entre manifestants et gendarmes. Le siège de la gendarmerie est attaqué par les manifestants : 9 manifestants blessés par balles, dont 2 grièvement atteints au thorax. Douze citoyens sont arrêtés. Les sièges du RCD, du FLN et du FFS sont incendiés.
Béni Douala : Reprise des affrontements après deux jours d'accalmie.
Mekla : Les manifestants prennent d'assaut la brigade de gendarmerie. Des véhicules se trouvant dans la cour sont incendiés. Les gendarmes tirent sur les jeunes : 2 morts (Alouane Hocine, Hamened Youcef) et 7 blessés.
Aïn El Hammam : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes. Ces derniers tirent sur la foule : Trois morts dont une femme (Aït Aba Nadia, 30 ans, enseignante).
Ouacifs : Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : 1 mort et 3 blessés. 12 véhicules de la gendarmerie incendiés. Les sièges du FLN et de l'ONEC (enfants de chouhada) sont incendiés. Une partie de la ville est privée d'électricité et d'eau.
Aït Toudert : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes : 4 blessés.
Boudjima : Les manifestants s'attaquent à la brigade de gendarmerie. Les gendarmes tirent sur la foule : 2 morts (Arkam Salem, 17 ans et Harfi Mokrane, 25 ans) et 3 blessés.
Aït Yahia Moussa : Les manifestants incendient un bâtiment de l'armée. Des militaires tirent : un mort et un blessé. Le siège de l'APC et le parc communal sont incendiés.
Frikat : La brigade de gendarmerie est partiellement saccagée par les manifestants : 1 blessé.
Ouadhias : Les jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie : 2 manifestants tués par balles et un gendarme tué par barre de fer : 8 blessés.
Larbaâ Nath Irathen : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes. Des manifestants tentent d'investir la brigade de gendarmerie. Les gendarmes tirent sur les manifestants : 7 morts
Fréha : Poursuite des affrontements entre jeunes manifestants et les gendarmes : un mort et un blessé.
Tikobaïne : Un mort par balles lors d'affrontements avec les gendarmes. Le véhicule du chef de brigade incendié.
Azazga : Reprise des échauffourées entre manifestants et brigades anti-émeutes : 2 morts par balles.
Maâtkas : 4 blessés du village succombent à leurs blessures à l'hôpital de Boghni. Le nombre de blessés s'élève à 30.
Draa El Mizan : 2 morts et 10 blessés par balles suite aux manifestations de jeunes lycéens.
Boghni : Des hommes armés tirent sur le commissariat : 1 blessé. Violents affrontements entre manifestants et brigade anti-émeutes : 2 morts dont un policier écrasé par un camion lors d'une fausse man½uvre de ses collègues. La Caisse de sécurité sociale, la banque BDL et la BNA saccagées. L'hôtel Thiniri est pillé puis saccagé et incendié. Un employé de l'hôtel est mortellement blessé d'un coup de poignard. La brigade de gendarmerie et la daïra sont assiégées par les manifestants.
Bouzeguène : violents affrontements entre jeunes manifestants et gendarmes : Un mort (Azouani Saïd) et 5 blessés.
Azzefoun : violents affrontements entre jeunes manifestants et brigades anti-émeutes. Le tribunal et la recette des Impôts sont saccagés. Le véhicule du chef de brigade de la gendarmerie est incendié. Plus de 20 blessés sont à déplorer. De nombreux jeunes manifestants arrêtés sont tabassés par les éléments des brigades anti-émeutes.
§ Wilaya de Bouira :
Bouira-ville : Imposante manifestation au centre-ville. Des milliers de citoyens envahissent les rues de la ville aux cris de : " pouvoir assassin ", Tamazight di lakul " et " Djeich, chaâb, maâk ya Hattab ". La manifestation dégénère. Des établissements publics, l'éclairage public et les panneaux de signalisation sont saccagés.
Manifestations dans les localités de Chorfa, M'Chedallah, Taourirt et Bechloul (Bouira).
Une manifestation est organisée le long de la RN 5, s'étendant sur près de dix kilomètres.
Mort accidentelle à El Asnam d'un jeune manifestant originaire d'Ahnif (Amir Aïssa, 21 ans) écrasé par un camion.
§ Wilaya de Boumerdès :
Appel à une marche de la part des étudiants de l'université de Boumerdès.
Dimanche 29 avril
Tizi-Ouzou : Reprise des affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes au centre-ville. 7 blessés succombent à leurs blessures à l'hôpital de Tizi-Ouzou.
Larbaâ Nath Irathen et Aïn El Hammam : grève générale, suite à l'enterrement des victimes de la répression. Même la statue d'Abane Ramdane a été criblée de balles.
Tizi Ghenif : Poursuite des manifestations, contraignant les gendarmes à se retirer et à se cantonner dans leur brigade.
Tadmaït : les manifestants dressent des barricades sur l'autoroute, bloquant la circulation. La brigade de gendarmerie est assiégée par les jeunes manifestants. Les locaux du RCD et du FLN saccagés.
Draâ Ben Khedda : Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : quelques blessés sont à signaler. Arrivée d'importants renforts de police.
Azazga : Le bilan s'élèverait à 9 morts depuis le début des émeutes. Des gendarmes tirent sur les manifestants : 2 blessés.
Bejaïa : Emeutes au centre-ville après une marche pacifique initiée par les universitaires. Violents affrontements avec les brigades anti-émeutes : 3 blessés. Les manifestations s'étendent alors à tous les quartiers périphériques. Le siège de l'ONM (anciens combattants) et de la caisse de sécurité sociale sont incendiés. Deux blessés (l'un originaire de Chemini et l'autre d'El Kseur) succombent à leurs blessures à l'hôpital de Bejaïa.
Chorfa (Bouira) : Tentative infructueuse de prise d'assaut de la gendarmerie du village. Le siège du FFS incendié par les manifestants.
Saharidj (Bouira) : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes devant la brigade assiégée : 2 blessés dont l'un grièvement.
Bordj Ménaïel (Boumerdés) : Des centaines de manifestants scandent des slogans contre le pouvoir.
Issers (Boumerdés) : Des manifestants tentent, sans succès d'incendier l'usine Socothyd de la ville.
Amizour : un jeune manifestant arrêté par des éléments de la brigade anti-émeutes. Il déclare à la presse avoir été torturé, sodomisé puis relâché tout nu.
Lundi 30 avril
Semaoune (Bejaïa) : Violentes manifestations devant la brigade de gendarmerie qui est assiégée et bombardée de pierres. La route donnant accès au village est bloquée par les manifestants.
Bejaïa : Rassemblement de jeunes manifestants au centre-ville à la fin du discours de Bouteflika. Les brigades anti-émeutes les dispersent à coups de grenades lacrymogènes.
Tizi-Ouzou : Affrontements dans plusieurs quartiers de la ville. Deux blessés au centre-ville. Les brigades anti-émeutes procèdent à des tabassages des jeunes citoyens arrêtés.
Draa Ben Khedda : Reprise des affrontements après l'enterrement de deux vieilles femmes asphyxiées par les grenades lacrymogènes, jetées à l'intérieur de leurs maisons. La recette des contributions et la salle de cinéma Hoggar incendiées.
Mekla : Affrontements entre manifestants et gendarmes qui tirent sur la foule.
Béni Douala : Reprise des affrontements après quelques journées d'accalmie. Incendie de l'ex-souk El Fellah et de la recette des impôts.
Mechtras et Frikat : Violents affrontements entre manifestants et gendarmes. Plusieurs blessés par balles sont à dénombrer.
Chorfa (Bouira) : De jeunes manifestants déferlent dans la rue à la fin du discours de Bouteflika et incendient la recette des contributions.
Boumerdès : Sit-in de jeunes manifestants devant la brigade de gendarmerie, scandant des slogans contre le régime.
Un peu partout dans les villages de Kabylie, des pétitions circulent, dénonçant le racket, les trafics de drogue et d'alcool, le harcèlement des filles et les provocations de certains gendarmes.
Mardi 1er mai
Akbou : Imposante marche de milliers de citoyens vers la ville Ouzellaguen, distante de 17 km, en hommage aux 5 victimes de la répression, morts dans cette dernière ville. Recueillement au cimetière.
Naciria (Boumerdés) : Reprise des manifestations en fin de matinée. Les jeunes manifestants regroupés au centre-ville scandent des slogans contre le pouvoir. Le centre culturel et une salle de soins sont partiellement saccagés. La route menant vers Tizi-Ouzou est bloquée durant plusieurs heures. On signale que plusieurs automobilistes auraient été rackettés par de jeunes manifestants.
Tizi-Ouzou : Attroupement de centaines de manifestants devant le groupement de gendarmerie de la ville, en fin de matinée aux cris de : " pouvoir assassin " et "Etat terroriste ". Ils réclament la libération de leurs camarades. Le portail d'entrée est arraché. Des projectiles de toutes natures sont lancés contre l'édifice. Les gendarmes cernés répliquent par des grenades lacrymogènes. La route au niveau de la gare routière est bloquée par d'autres manifestants. Manifestation en début d'après-midi vers le commissariat central. Des manifestants saccagent un établissement privé (Babouche) en mettant le feu au bloc administratif.
Azazga : Reprise des affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes. Des rafales d'armes automatiques sont entendues. Pas de victimes.
Bouzeguène : Reprise des manifestations après l'enterrement de jeunes manifestants. Les brigades anti-émeutes répliquent par des grenades lacrymogènes.
Tizi Ghenif : Reprise des manifestations. Les brigades anti-émeutes répliquent par des grenades lacrymogènes.
Ouacifs : Reprise des affrontements durant l'après-midi : 2 blessés par balles.
Ain El Hammam : Marche pacifique de la population. Pas d'incidents.
Chorfa (Bouira) : Important rassemblement de jeunes manifestants, dispersé par les brigades anti-émeutes.
Bouira : Un rassemblement de jeunes manifestants est dispersé par les brigades anti-émeutes. Pas d'incidents à noter.
Haïzer (Bouira) : Rassemblement d'un millier de citoyens sur la place publique. Intervention des brigades anti-émeutes.
Mercredi 2 mai
Extension des émeutes vers la wilaya de Bordj Bou Arréridj. La mairie et la daïra de Djaâfria sont incendiées par les jeunes manifestants. L'école de Theniet Enasr est saccagée.
Jeudi 3 mai
Des brigades anti-émeutes tentent de disperser une marche pacifique au centre-ville de Bejaïa, provoquant de violents affrontements avec les manifestants : 15 blessés.
Un appel à une grève générale pour le lundi 7 mai est lancé dans la wilaya de Bejaïa.
Imposante marche du FFS à Alger contre la répression en Kabylie. Près de 30 000 personnes défilent dans le calme de la place du 1er mai à la place des Martyrs aux cris de : " pouvoir assassin ", "généraux assassins ".
Vendredi 4 mai
Reprise des affrontements à Boghni (Tizi-Ouzou) après l'enterrement d'une victime de la répression, entre manifestants et gendarmes au niveau de la brigade qui est attaquée à coups de cocktails Molotov et de pierres.
Une coordination provisoire des quartiers de la ville de Tizi-Ouzou appelle à une semaine de grève et de deuil dans la ville.
Samedi 5 mai
Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Boghni. Pas de victimes.
Lundi 8 mai
Bejaia: marche de plusieurs dizaines de milliers de personnes
Alger: dizaines d'étudiants de différents instituts ont pris part au rassemblement organisé par le CEA (Comité des étudiants autonomes) à l'intérieur de l'université de Bab Ezzouar.
Vendredi 11 mai
Alger: à l'appel du MCB (coordination nationale), plusieurs milliers de personnes ont marché jeudi dernier de la place du 1er Mai à la place des Martyrs, à Alger, pour dénoncer la répression dont ont été victimes les jeunes de la Kabylie.
Samedi 12 mai
Reprise des affrontements entre jeunes manifestants et brigades anti-émeutes à Bouzeguène (Tizi-Ouzou) : 5 blessés.
Accrochages entre manifestants et policiers à Azazga (Tizi-Ouzou) : 2 blessés.
Samedi 19 mai
manifestations et affrontements avec les brigades anti-émeutes à Seddouk (Bejaïa) : 10 blessés. Le siège du RCD et l'ancienne brigade de gendarmerie sont incendiés. D'autres affrontements sont signalés à Aokas et Sidi Aïch. Dans cette dernière ville, le siège de la Sonelgaz est brûlé. Le centre téléphonique Actel d'Amizour est incendié par les manifestants.
Dimanche 20 mai
20 000 citoyens manifestent pacifiquement à Tizi-Ouzou, en soutien aux victimes de la répression.
Reprise des affrontements à Seddouk. Les manifestants s'attaquent au commissariat de police. La route de Tichy est bloquée par les manifestants. Reprise des affrontements également à Sidi Aïch, Aokas et Bejaïa.
A El Kseur (Bejaïa), le commissariat de police est attaqué aux cocktails Molotov : 13 blessés dont 8 policiers.
A Tizi-Rached (Tizi-Ouzou), des hommes armés et cagoulés circulant à bord de véhicules banalisés et étrangers à la région, sillonnent les rues.
Des hommes armés, venus à bord de 4 bus et scandant des slogans pro-Bouteflika, tentent d'assiéger le local du RCD à la rue Didouche Mourad à Alger.
Lundi 21 mai
500 000 personnes manifestent pacifiquement à Tizi-Ouzou contre le régime et la répression. Des échauffourées sont signalées à la fin de la marche : 40 blessés.
A Maâtkas, de jeunes manifestants s'attaquent à la brigade de gendarmerie. Aux Ouadhias, un gendarme échappe au lynchage.
Reprise des manifestations à El Kseur (Bejaïa). Violents affrontements entre les jeunes manifestants et les brigades anti-émeutes. Le commissariat de police de la ville est assiégé.
Reprise des affrontements à Amizour (Bejaïa) entre manifestants et brigades anti-émeutes : un blessé par balles.
A Aokas, Issad, président de la "commission d'enquête " rend visite à la brigade de gendarmerie de la ville. Il est pris à partie par les manifestants qui le bombardent de pierres.
Violentes manifestations à Tigzirt (Tizi-Ouzou).
Mardi 22 mai
De jeunes manifestants du village d'Ighram, près d'Akbou (Bejaïa) s'attaquent dans la soirée à la brigade de gendarmerie : 4 manifestants blessés par des bombes lacrymogènes.
A Bakaro, près de Tichy (Bejaïa), affrontements entre manifestants et forces de sécurité : 1 blessé. La kasma du FLN est saccagée.
Poursuite des émeutes à El Kseur (Bejaïa) suite aux violations de domiciles par les services de sécurité pour procéder à des arrestations de manifestants.
Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Aokas (Bejaïa) : 3 blessés par balles.
A Irdjen, près de Larbaâ Nath Irathen, échauffourées entre jeunes manifestants et gendarmes. Ces derniers lâchent des chiens bergers contre les manifestants.
A Tigzirt (Tizi-Ouzou), affrontements violents entre jeunes manifestants et gendarmes : 1 blessé par balles.
De jeunes manifestants attaquent à coups de pierres la brigade de gendarmerie de Tizi-Ouzou. Trois jeunes arrêtés et tabassés par les gendarmes, leur engendrant de sérieuses blessures.
Emeutes à Maâtkas (Tizi-Ouzou). La recette des Impôts ainsi que le magasin communal sont incendiés par les manifestants. Un citoyen de 50 ans, Laadlani Saïd, meurt par asphyxie suite aux jets de bombes lacrymogènes par les brigades anti-émeutes.
Mercredi 23 mai
Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Aokas (Bejaïa) : 9 blessés.
Des gendarmes arrosent les façades des maisons de rafales de kalachnikovs à Souk El Thenine (Bejaïa). Ils auraient procédé au saccage de boutiques commerciales selon des témoignages rapportés par la presse. Les manifestants tentent de saccager le village de toile de la station balnéaire et le centre de "repos " des officiers de l'armée.
A El Kseur et à Tichy (Bejaïa), des agents des brigades anti-émeutes violent impunément les domiciles des citoyens en représailles aux manifestations, selon de nombreux témoignages de citoyens rapportés par la presse. Des familles désertent leurs domiciles. A El Kseur, les manifestants s'attaquent au commissariat et une cité habitée par des policiers (Cité Boudiaf). Les émeutes font 16 blessés dont 6 policiers.
A Semaoune (Bejaïa), violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes. La brigade de gendarmerie est assiégée. Deux camions des brigades anti-émeutes sont incendiés par les manifestants.
A Kherrata, des manifestants incendient de nombreux édifices publics (impôts, bureau de main d'½uvre) et la station essence de la ville. Deux enseignants sont tabassés par les brigades anti-émeutes devant leur établissement scolaire. Cette provocation provoque une émeute dans la ville. La kasma du FLN est incendiée. Un immeuble appartenant au frère de Bachir Boumaza (ex-"président " du "Sénat ") est saccagé par les manifestants. Le domicile d'un ex-officier de la gendarmerie est également saccagé. Dans ce dernier, les manifestants découvrent d'importantes quantités de denrées alimentaires (équivalent de 2 remorques), plusieurs caisses de boissons alcoolisées, 600 litres d'huile d'olive, des lots de couvertures et une quantité fabuleuse d'appareils électroménagers, selon la presse. Tout ce matériel est sorti dans la rue et incendié. En représailles, des gendarmes saccagent magasins, cafés et kiosques des citoyens.
A Feraoun (Bejaïa), des gendarmes tirent sur des manifestants : 1 mort (Benaïssa Hamza, 18 ans) et une dizaine de blessés.
Emeutes au village d'Irdjen, près de Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou). De jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie.
A Tikobaïne, près d'Ouaguenoun (Tizi-Ouzou), des manifestants dressent des barricades pour bloquer la route. Les sièges du RND, du FFS et du RCD sont incendiés.
Reprise des affrontements entre manifestants et gendarmes à Tigzirt (Tizi-Ouzou) au niveau de la brigade de gendarmerie : plusieurs blessés dont 3 gendarmes.
Jeudi 24 mai
Poursuite des émeutes dans les villes d'El Kseur, Semaoune, Ighram, Kherrata, Amizour, Aokas et Souk El Thenine : 119 blessés dont 57 policiers
Scènes d'émeutes à Bouzeguène (Tizi-Ouzou) suite à une manifestation de lycéens. Le siège de la brigade de gendarmerie est assiégé par les jeunes manifestants.: 2 manifestants tués (Nafaâ Slimane et Raab Slimane) et un gendarme et 10 blessés.
Reprise des émeutes à Béni Douala (Tizi-Ouzou). La brigade de gendarmerie est attaquée par les manifestants à l'aide de cocktails Molotov. Les rues du village sont barrées par des poteaux et des pneus enflammés. Des agents des brigades anti-émeutes font irruption de nuit, dans de nombreux domiciles. Plusieurs blessés sont à dénombrer.
A Boudjima (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre manifestants et gendarmes. La brigade de gendarmerie est assiégée.
A Tizi Ouzou, plus de 10 000 femmes manifestent dans la rue. A la fin de la manifestation, des échauffourées ont lieu entre des jeunes et les brigades anti-émeutes. Les rues sont barrées par des pierres et des poteaux électriques arrachés. Début d'incendie dans l'appartement d'un citoyen (Baïche), suite au jet de bombes lacrymogènes dans les appartements. Les habitants suffoqués par les gaz, fuient leurs domiciles. Des bombes lacrymogènes atterrissent dans l'enceinte de l'hôpital.
Les sièges du FLN et du RND sont incendiés par des manifestants à Bouira.
A Tazmalt (Bejaïa), la RN 26 est bloquée par des manifestants. Un café et un débit de boissons appartenant à un "élu " de la ville sont saccagés. Huit blessés sont à dénombrer.
A Tizi Rached (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre manifestants et gendarmes devant la brigade de gendarmerie. Les jeunes manifestants utilisent une bouteille de butane contre la brigade.
Vendredi 25 mai
En solidarité avec la population de Semaoune (Bejaïa), une dizaine de camions bondés de manifestants, arrivent de Timezrit (Bejaïa).
Troisième jour d'émeutes à Kherrata.
A Bejaia, un couple (Aribi Abdelkader, 81 ans et Aribi Yamina, 71 ans) meurt asphyxié par les gaz lacrymogènes.
A Boudjellil (Bejaïa), les manifestants incendient la kasma du FLN, la boulangerie appartenant au maire et la cantine communale.
A Feraoun (Bejaïa), des renforts de gendarmerie arrivent par hélicoptères.
A Tazmalt (Bejaïa), poursuite des émeutes. Les forces de sécurité tirent sur les manifestants : 2 morts et 7 blessés.
Des gendarmes tirent sur des manifestants à Takrietz (Bejaïa). Un enfant de 13 ans (Hafid Messalti) est tué d'une balle dans la tête, alors qu'il se trouvait devant la porte du domicile familial.
Reprise des affrontements à Béni Douala (Tizi-Ouzou). Le siège de la milice communale est saccagé. Un milicien est blessé.
A Azazga, les manifestants assiègent et brûlent la brigade de gendarmerie.
A Naciria (Boumerdès), manifestation d'une centaine de jeunes citoyens à travers les rues de la ville aux cris de "pouvoir assassin ". Le commissariat de la localité est assiégé par les manifestants.
A Boghni (Tizi-Ouzou), des affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes font 14 blessés dont 2 par balles. Quatre manifestants arrêtés, tabassés à la brigade de gendarmerie puis libérés...nus.
A Tizi-Ouzou, des éléments des brigades anti-émeutes lancent durant la nuit, des grenades lacrymogènes dans la cour de la cité universitaire de jeunes filles, provoquant une panique chez les résidentes.
Samedi 26 mai
Reprise des manifestations à Naciria (Boumerdès). Affrontements avec la police : plusieurs blessés dénombrés. La route menant vers Tizi-Ouzou et la capitale bloquée par les manifestants. Des grenades lacrymogènes tombent dans un collège de la ville. La route Alger-Tizi-Ouzou est bloquée par les manifestants. Un collège et la maison des jeunes sont saccagés.
A M'Chedallah (Bouira), la brigade de gendarmerie désertée par ses occupants est investie par les manifestants. Un âne, peint aux couleurs de la gendarmerie est installé sur l'autoroute et les manifestants obligent les automobilistes de passage à le saluer.
A Chorfa (Bouira), des manifestants attaquent la brigade de gendarmerie à coups de pierres. Les gendarmes tirent sur la foule : 1 mort (Benhamida El Hadj, 31 ans) et 7 blessés.
Poursuite des émeutes à Béni Douala. Le siège de la sécurité sociale est incendié.
A Tizi Ghenif (Tizi-Ouzou), une manifestation pacifique dégénère. Les manifestants incendient la daïra.
A Boghni, les manifestants incendient le parc communal. Des éléments des brigades anti-émeutes auraient investi l'hôpital. Les violents affrontements auraient fait 4 blessés par balles.
Aux Ouadhias (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre manifestants et gendarmes, devant la brigade de gendarmerie. Deux blessés sont à déplorer. Le siège de la sécurité sociale incendié.
Affrontements à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou) entre manifestants et gendarmes. Pas de victimes.
Reprise des affrontements dans les différents quartiers de la ville de Bejaïa. Les rues sont barricadées avec des poteaux et des pneus enflammés.
Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Kherrata (Bejaïa)
A Tazmalt (Bejaïa), violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes. Deux jeunes manifestants tués près du siège de la daïra. Le siège de la Sonelgaz et le domicile du chef de la milice et maire (Smaïl Mira) sont incendiés, tout comme un café appartenant à un collaborateur du maire
A Akbou, de nombreuses provocations contre la population de la part de la gendarmerie et des brigades anti-émeutes sont signalées, à travers des témoignages publiés par la presse. Tentative d'instauration d'un couvre-feu à 16h, ce qui provoque la colère des jeunes. De nombreux véhicules transportant des blessés vers les hôpitaux sont interceptés et immobilisés par les gendarmes. Des commerçants sont rackettés.
Dimanche 27 mai
Une imposante marche de plusieurs dizaines de milliers de personnes a eu lieu à Bejaïa à l'appel des comités de village. A la fin de manifestation, un groupe de manifestants saccage puis brûle une partie des locaux de la radio locale (radio Soummam).
A Sidi Aïch (Bejaïa), de jeunes manifestants s'attaquent au bar-restaurant Maâkel et à l'hôtel de la gare, hauts lieux de la débauche et de la prostitution qu'ils incendient.
Des provocations sont signalées de la part de certains éléments des brigades anti-émeutes à Naciria (Boumerdès). Gestes obscènes et tabassages de passants auraient eu lieu. Des magasins auraient été pillés par ces mêmes éléments. Deux jeunes manifestants auraient été déshabillés au commissariat et relâchés nus. Ces provocations vont entraîner la reprise des émeutes. Le domicile du chef de daïra incendié et le siège de la daïra saccagé.
Violents affrontements entre manifestants et policiers à Boumerdès-ville après les tirs de grenades lacrymogènes. Les manifestants tentent de saccager l'université et des édifices publics. Des véhicules des ½uvres sociales universitaires sont incendiés.
Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Bouira : 2 blessés par balles.
A Tizi Rached (Tizi-Ouzou), la presse rapporte que des gendarmes auraient fait irruption dans le lycée et fait sortir de force les élèves qui étaient en pleine composition. Durant la nuit, les gendarmes investissent de nombreuses maisons. Des véhicules de citoyens auraient été saccagés. Le même scénario aurait été vécu à Draâ Ben Khedda et Tadmaït.
A Maâtkas (Tizi-Ouzou), les manifestants incendient le siège du FLN.
A Draâ Ben Khedda (Tizi-Ouzou), les manifestants incendient le siège de la Sonelgaz.
A Aïn El Hammam, reprise des affrontements devant le siège de la brigade de gendarmerie : 4 blessés.
A Iferhounène (Tizi-Ouzou), des grenades lacrymogènes atterrissent dans la cour d'une école, provoquant une panique chez les écoliers. De jeunes manifestants essuient des tirs devant la brigade de gendarmerie. Devant cette provocation, ils incendient le nouveau siège de la gendarmerie.
A Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou), poursuite des affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes. Le siège de la gendarmerie est assiégé et attaqué à coups de pierres et de cocktails Molotov. On dénombrerait après 48 heures d'affrontements, une dizaine de blessés.
Emeutes à Taghzrour et Ath Laaziz (Bouira).
A Bechloul (Bouira), manifestation de jeunes citoyens : 2 blessés
A Haïzer (Bouira), les manifestants incendient pratiquement tous les édifices publics ainsi que les sièges du FLN et du RND.
A El Asnam (Bouira), la recette des impôts est incendiée par des manifestants.
Lundi 28 mai
Violents affrontements à Draâ Ben Khedda (Tizi-Ouzou). La brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants. Les gendarmes tirent sur la foule : 1 mort (Boughrara Arezki, 28 ans) et plusieurs blessés. Un autre citoyen décède par asphyxie, suite à l'inhalation de gaz lacrymogènes. Après avoir assiégé la brigade de gendarmerie, les manifestants investissent le campement de la milice communale. Des armes auraient été dérobées.
Aux Issers (Boumerdès), les manifestants bloquent la route menant vers Alger.
Violents affrontements à Bouira entre manifestants et brigades anti-émeutes : 1 blessé par balles. Le bilan provisoire des dernières émeutes serait d'un mort et de 13 blessés.
Violents affrontements à Tadmaït. Des manifestants foncent sur le siège de la gendarmerie avec un poids lourd. Les routes sont bloquées à l'aide de barricades. Les gendarmes tirent sur les manifestants : 2 morts (Akkouche Abderrahmane et Hamidechi Mohamed) et 4 blessés.
A Boghni (Tizi-Ouzou), des témoignages font état d'arrestations de jeunes citoyens qui seraient tabassés au commissariat, puis relâchés nus dans la rue.
Violentes échauffourées entre étudiants et brigades anti-émeutes à l'université de Bouzaréah (Alger). De nombreux blessés sont à déplorer.
Mardi 29 mai
Poursuite des émeutes à Béni Douala (Tizi-Ouzou). Barricades et échauffourées entre manifestants et brigades anti-émeutes. Des édifices publics et la salle de sport incendiés.
A Tadmaït, les échauffourées font un mort parmi les manifestants (Hamouda Mohamed).
A Mechtras, près de Boghni (Tizi-Ouzou), des manifestants assiègent la brigade de gendarmerie et incendient le restaurant d'un particulier, soupçonné de ravitailler les gendarmes : 2 blessés.
La brigade de gendarmerie de Tizi-Ouzou est attaquée par les manifestants à l'aide de cocktails Molotov.
A Boudjima (Tizi-Ouzou), le vice président de l'APC est poignardé par des manifestants.
A Alger, 2000 étudiants organisent une marche à partir de l'Université de Bouzaréah vers le Palais du "gouvernement ".
Manifestation des professionnels de la santé dans la ville de Bejaïa pour dénoncer la répression.
A Sidi Aïch (Bejaïa), poursuite des manifestations et des affrontements entre jeunes citoyens et brigades anti-émeutes : 11 blessés. Le tribunal est saccagé.
Poursuite des affrontements à Naciria (Boumerdès). La route menant vers Tizi-Ouzou est bloquée par les manifestants. Trois véhicules de police sont incendiés. Le bilan de deux jours d'émeutes s'élèverait à 20 blessés.
Mercredi 30 mai
Reprise des affrontements à Tizi-Ouzou, après une marche des professionnels de la santé.
Affrontements à Haïzer (Bouira) suite à l'arrivée de renforts de gendarmerie dans la ville. De jeunes manifestants assiègent la brigade de gendarmerie : un blessé parmi les manifestants.
Echauffourées au quartier Lekhmis de Bejaïa entre manifestants et les brigades anti-émeutes devant le siège de la brigade de gendarmerie.
Des manifestants d'Ighil Ali et d'Aït Rzine (Bejaïa) bloquent la RN 26 au lieudit Allaghane
A Akfadou, un sit-in de citoyens se termine par des émeutes qui dureront toute la nuit : un blessé. Le parc communal de la mairie et la recette des impôts sont incendiés.
Reprise des émeutes à Draa Ben Khedda (Tizi-Ouzou). Les manifestants s'attaquent à la brigade de gendarmerie en jetant à l'intérieur, une bouteille de butane et des cocktails Molotov : 5 gendarmes grièvement blessés. Le siège de la milice communale attaquée.
A Tirmitine, près de Draa Ben Khedda, affrontement entre manifestants et gendarmes : 1 mort et plusieurs blessés.
Affrontements à Aïn El Hammam entre manifestants et gendarmes devant la brigade de ces derniers : 5 blessés.
Une marche pacifique dégénère à Dellys (Boumerdès). La recette des impôts est partiellement incendiée et le tribunal saccagé.
Les accès de la localité d'Aït Noual Mzada (Sétif) sont fermés par les manifestants qui assiègent la mairie. Le maire et ses adjoints prennent la fuite.
Jeudi 31 mai
Près de 200 000 manifestants participent à la marche organisée par le FFS à Alger. A leur arrivée à la place des Martyrs, ils sont accueillis à coups de pierres par des jeunes de la Casbah et de Bab El Oued. Les brigades anti-émeutes n'interviennent qu'une heure après. Près de l'Amirauté, un militaire blesse grièvement par balle un jeune manifestant (Hanniche) qui mourra quelques jours plus tard.
Un communiqué du commandement de la gendarmerie annonce l'arrestation de deux gendarmes à Draa Ben Khedda et d'un militaire de l'Amirauté d'Alger pour "usage abusif de leurs armes ".
Descente punitive de gendarmes dans la ville de Fréha (Tizi-Ouzou) : plusieurs véhicules en stationnement et des locaux commerciaux saccagés, des passants tabassés.
50 000 personnes participent à une marche pacifique à Amizour (Bejaïa) à l'occasion du 40e jour de la mort des jeunes manifestants de la ville sous les balles des gendarmes. A la fin de la marche, des manifestants s'attaquent au tribunal et dressent des barricades.
Vendredi 1er juin
Marches pacifiques à Seddouk et El Kseur (Bejaïa).
Samedi 2 juin
Près de 400 jeunes citoyens manifestent dans les rues de Tigzirt (Tizi-Ouzou). 3 citoyens arrêtés et tabassés par des gendarmes.
Dimanche 3 juin
Près de 10 000 personnes manifestent pacifiquement à Souk El Thenine (Bejaïa) criant des slogans contre le pouvoir.
Reprise des affrontements à Azazga, durant toute la nuit : 2 blessés.
Lundi 4 juin
Marche pacifique de plusieurs milliers de femmes dans les rues de Bejaïa.
Près de 3000 femmes manifestent pacifiquement à Azazga.
10 000 personnes manifestent pacifiquement aux Ouadhias.
Poursuite des affrontements à Azazga entre manifestants et brigades anti-émeutes.
Mardi 5 juin
Poursuite des affrontements à Azazga. Les routes sont barricadées par les jeunes manifestants. Echanges de pierres et de grenades lacrymogènes.
Mercredi 6 juin
Imposante marche de citoyens de la ville d'Akbou avec dépôt de plaintes des familles des victimes de la répression au niveau du tribunal de la ville.
Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Azazga (Tizi-Ouzou).
Emeutes aux Ouacifs (Tizi-Ouzou), suite à la mort du secrétaire général de la daïra, fonctionnaire très respecté par la population. De nombreux édifices publics sont incendiés (daïra, impôts, hydraulique, domicile du chef de daïra, relais téléphonique).
Jeudi 7 juin
Répondant à l'appel d'une dite "coordination nationale pour la défense des libertés démocratiques " quelques centaines de manifestants sont réprimés au niveau de la place du 1er mai d'Alger par les brigades anti-émeutes. Quelques blessés légers sont à déplorer.
Des milliers de citoyens organisent une marche pacifique à Sidi Aïch (Bejaïa).
Affrontements durant la soirée entre jeunes citoyens et brigades anti-émeutes, à Azazga
Samedi 9 juin
un militaire est lynché à Tizi-Ouzou par de jeunes citoyens. Il décédera le lendemain à l'hôpital militaire d'Alger.
Echauffourées à Seddouk (Bejaïa) entre jeunes manifestants et gendarmes : 4 blessés.
Dimanche 10 juin
Extension des émeutes à la ville de Khenchela (Aurès). Suite à la provocation d'un sergent-chef de l'armée contre une jeune fille d'un des quartiers de la ville, de jeunes manifestants se soulèvent, dressent des barricades et saccagent de nombreux édifices publics. Plusieurs blessés sont à déplorer suite aux échauffourées avec les brigades anti-émeutes.
Lundi 11 juin
Reprise des émeutes à Khenchela La mairie, la recette des impôts, la CRMA et deux magasins (grandes surfaces) incendiées. La ville offre un triste spectacle de désolation : barricades jonchant les rues et nombreux édifices calcinés. Une femme touchée par "une balle perdue " décède à l'hôpital (Mme Zekkar Fatiha, mère de famille). De sources hospitalières, on dénombre près de 80 blessés dont 5 dans un état jugé sérieux.
A Skikda, suite à des incidents survenus lors du match de l'équipe locale avec l'USMAlger, des supporters skikdis sortent dans la rue et sont rapidement rejoints par une partie de la population, scandant des slogans contre le pouvoir et saccageant des édifices publics.
Mardi 12 juin
Poursuite des manifestations de jeunes à Khenchela. Le siège de la wilaya où se trouvent deux "ministres " (Intérieur et travaux publics) est bombardée de pierres par les manifestants.
Emeutes à Dirah, localité située à une vingtaine de kilomètres de Sour El Ghozlane (Bouira). La RN 8 est barrée par les manifestants. La mairie est détruite. Pylônes électriques et lampadaires sont saccagés.
Une marche pacifique de solidarité avec les citoyens de Khenchela tourne à l'émeute à Aïn Kercha (Oum El Bouaghi). Violentes échauffourées avec les brigades anti-émeutes.
Une marche des étudiants en médecine est réprimée devant l'hôpital Mustapha d'Alger. Les manifestants qui devaient marcher sur le palais du "gouvernement " sont bloqués et chargés par les brigades anti-émeutes : 20 blessés.
Dans la localité de Henchir Toumghani, dans la commune de Aïn Kercha (Oum El Bouaghi), les manifestants saccagent la mairie, la poste et un dispensaire.
A Aïn Fekroun (Oum El Bouaghi), les émeutiers détruisent la poste, une pharmacie d'Etat et un dispensaire.
A Dalaâ (Oum El Bouaghi), les manifestants s'attaquent aux édifices publics : poste, agence pharmaceutique d'Etat, mairie et daïra sont détruites. Les résidences du maire et du secrétaire général de la mairie sont pillées.
Mercredi 13 juin
Affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes dans plusieurs quartiers de la ville de Bejaïa. Installation de plusieurs barricades dans les rues. L'hôtel des finances est attaqué à coups de pierres et incendie d'un véhicule. Pas de victimes.
Poursuite des émeutes à Aïn El Fekroun (Oum El Bouaghi) : 24 blessés dont certains par balles. Huit cas jugés graves, évacués vers l'hôpital de Constantine.
A Maâchi, près de Khenchela, les manifestants incendient une entreprise publique.
Jeudi 14 juin
Gigantesque manifestation à Alger à l'appel de la coordination des ourouch (villages et tribus) de certaines wilayas du pays. Des centaines de milliers de manifestants déferlent à partir de la foire d'Alger vers la place du 1er mai. De violents affrontements ont lieu à partir de 13 heures lorsque des manifestants décident de forcer l'impressionnant barrage policier, pour se diriger vers la présidence de la République. Echanges de grenades lacrymogènes et de coups de pierres. Au même moment, apparaissent de très nombreux casseurs en plusieurs points qui s'attaquent à des cibles bien précises (Régie des transports publics d'Alger, édifices publics, certaines zones du port, gare routière....). La marche tourne alors à l'émeute. Bilan : 4 morts et plus de 300 blessés. Près de 350 manifestants sont portés disparus.
Des contre-manifestants surgissent dans le quartier de Belouizdad, sous le regard de la police. Des scènes de lynchage sont observées en plusieurs points. De nombreux manifestants venus de Kabylie sont pourchassés. On dénombre près de 300 arrestations. Deux cadavres de manifestants tués par armes blanches sont découverts à El Harrach.
De nombreuses colonnes de fumée s'élèvent à la place du 1er mai, au Caroubier et au port d'Alger.
Des émeutes éclatent à Bejaïa, suite aux informations parvenues d'Alger (répression de la marche). Des barricades sont dressées dans plusieurs quartiers de la ville. L'agence touristique (ONAT), le bureau de l'APS et le siège de l'ENTMV (transports maritimes) sont saccagés.
A Tazmalt (Bejaïa), les manifestants incendient la cafétéria du maire-adjoint de la ville et d'un atelier de menuiserie.
Emeutes à Tizi-Ouzou, au retour des manifestants d'Alger. La brigade de gendarmerie est attaquée à coups de pierres.
A Azazga et Béni Douala (Tizi-Ouzou), les manifestants attaquent les brigades de gendarmerie.
Marche silencieuse à Boghni (Tizi-Ouzou) d'un millier de citoyens, à leur retour d'Alger. Pas d'incidents.
Emeutes à Amoucha et Tizi N'Béchar (Sétif). Des édifices publics et des véhicules de l'administration sont incendiés par des manifestants.
Vendredi 15 juin
Poursuite des émeutes à Bejaïa. Deux jeunes manifestants circulant à bord d'une moto sont percutés par un véhicule banalisé de la police : un mort (Serraye Hafnaoui, 30 ans) et un blessé grave.
La gare ferroviaire de Béni Mansour (Sétif) est saccagée par les manifestants. Une partie des bureaux est incendiée.
A Amoucha (Sétif), les manifestants tentent d'incendier la brigade de gendarmerie. Le parc auto de la mairie est saccagé.
A Ouled Adouane, près de Aïn Kebira (Sétif), un milicien tire sur un groupe de citoyens : 4 blessés, évacués sur l'hôpital de Sétif
A Azazga (Tizi-Ouzou), la brigade de gendarmerie est assiégée par les manifestants.
A Maâtkas (Tizi-Ouzou), l'entreprise publique des eaux (EPETO) et un magasin de la mairie sont incendiés.
Samedi 16 juin
Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Bejaïa, après l'enterrement de la victime de la veille (Serraye Hafnaoui, percuté par le véhicule d'un policier). Les manifestants se dirigent vers la cité de la police où habite le meurtrier présumé. L'immeuble est saccagé et vidé de ses meubles qui sont incendiés. Une partie du rectorat de l'université est saccagée. Les rues des différents quartiers sont barricadées. La brigade de gendarmerie est assiégée. L'hôtel des finances, le central téléphonique, la maison de la culture et de nombreuses entreprises de la zone industrielle sont détruits.
A Amizour (Bejaïa), le tribunal est incendié par les manifestants.
A Akbou (Bejaïa), le tribunal, le siège de l'organisation des anciens combattants (ONM) et de l'UGTA sont incendiés.
Reprise des émeutes à Tizi-Ouzou après l'enterrement du jeune Toufik Naamane (écrasé la veille par un véhicule banalisé au Hamiz, lors de la marche d'Alger). Les affrontements éclatent pratiquement dans tous les quartiers de la ville. De nombreuses barricades sont érigées dans les rues. De véritables batailles rangées sont engagées entre policiers et manifestants. Un camion chasse-neige des brigades anti-émeutes est incendié. Des dizaines de blessés sont à déplorer. Un élément des brigades anti-émeutes est tué, écrasé par un camion chasse-neige. Le groupement de gendarmerie est assiégé par les manifestants. 34 blessés.
A Yakouren, le siège de la brigade de gendarmerie est attaqué par de jeunes manifestants. Deux véhicules de la gendarmerie sont brûlés.
Poursuite des émeutes à Azazga (Tizi-Ouzou). Les rues de la ville sont barricadées. De jeunes manifestants tendent de donner l'assaut à la brigade de gendarmerie.
A Mekla, Tigzirt et Boudjima (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre jeunes manifestants et gendarmes.
A Chamora (Batna), des manifestants scandant des slogans contre le pouvoir, se dirigent vers la mairie et la daïra qui sont incendiées. Pas de victimes.
A Aïn Kebira (Sétif), des manifestants, scandant des slogans contre le pouvoir, s'en prennent aux édifices publics de la ville (poste, caisse de sécurité sociale). Pas de victimes.
A Aït Braham, près de Béni Ouartilane (Sétif), une dispute entre un groupe de jeunes citoyens et un indicateur provoque l'intervention des gendarmes, entraînant un embrasement du village. La brigade de gendarmerie est assiégée par les villageois et partiellement saccagée. Riposte des gendarmes à l'aide de grenades lacrymogènes. On dénombre 20 blessés évacués vers le centre de soins de Béni Ouartilane.
A Aïn Naga (Biskra), de jeunes manifestants bloquent la route à l'aide de troncs d'arbres.
A Annaba, des émeutes éclatent au centre-ville. De jeunes manifestants scandent des slogans contre le pouvoir. De nombreux édifices publics et magasins privés sont saccagés et pillés. Deux bus de l'Université sont incendiés. On déplore un mort (un enfant) et plusieurs blessés.
A Tébessa, scènes d'émeutes dans la ville qui est mise à feu par les jeunes révoltés. Le siège de la direction générale d'ELATEX (société publique de textiles), la direction des impôts et le cinéma Le Maghreb sont incendiés. Le cabaret El Kahina et ses annexes, lieu de débauche de la ville, est totalement détruit par un incendie. On déplore plusieurs blessés.
A Haïzer (Bouira), reprise des affrontements. Des manifestants assiègent la brigade de gendarmerie, suite à la réapparition d'un chef de brigade honni par la population. Des barricades sont dressées dans les rues du village. Le campement des miliciens de la garde communale est pris d'assaut par des manifestants. Le véhicule des miliciens est incendié. Les véhicules du chef de daïra et de la mairie subissent le même sort. Arrivée dans la nuit, de renforts de la gendarmerie.
Dimanche 17 juin
Violents affrontements à Azazga (Tizi-Ouzou). On déplore, après 48 heures d'échauffourées, plus de 20 blessés.
Reprise des affrontements dans la ville de Tizi-Ouzou. Des gendarmes et des CNS provoqueraient les citoyens selon les témoignages rapportés par la presse. Des barricades sont dressées dans de nombreux quartiers. De véritables batailles rangées ont lieu entre manifestants et brigades anti-émeutes. Le siège du FFS est détruit.
A Tassaft (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre gendarmes et manifestants à coups de grenades lacrymogènes et de cocktails Molotov. Des blessés sont à dénombrer.
A Draa Ben Khedda (Tizi-Ouzou), affrontements sanglants entre manifestants et gendarmes. Un gendarme tué et quatre autres blessés. On note plusieurs blessés parmi les manifestants. Deux véhicules de la gendarmerie sont incendiés.
Violentes échauffourées dans plusieurs quartiers de la ville de Bejaïa. Le siège de la gendarmerie est attaqué à coups de pierres et de cocktails Molotov. Des bureaux de la wilayas sont incendiés. Des dépôts de vins et de tabac sont saccagés et pillés. Des manifestants poursuivent les pilleurs.
Violents affrontements à Akbou (Bejaïa) entre gendarmes et manifestants. On déplore 20 blessés.
A Aït Braham, près de Béni Ouartilane (Sétif), poursuite des affrontements avec la gendarmerie. Une partie de la brigade prend feu. Plusieurs blessés sont à déplorer de part et d'autre. Deux gendarmes brûlés par des cocktails Molotov.
A Tébessa, après la violente révolte de la veille, les manifestants tentent de se regrouper et de rejoindre le siège de la wilaya. Les brigades anti-émeutes répliquent par des grenades lacrymogènes.
A Chréa et Bir El Ater (Tébessa), des dizaines de jeunes manifestants sortent dans la rue, manifester leur opposition au pouvoir. La poste et l'hôtel El Djorf de Chréa sont saccagés.
Reprise des émeutes à Annaba. Apparition de pilleurs qui sont pourchassés par les commerçants, armés de gourdins et de barres de fer.
A Chetaïba Mokhtar (Annaba), les manifestants mettent le feu à un bain maure, à la résidence du maire, à la poste et à la gare ferroviaire. La route reliant Annaba à Souk Ahras est bloquée par des barricades. Le siège du FLN est saccagé.
Violents affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes à Dréan (El Tarf). Les manifestants saccagent la foire du centre-ville puis s'attaquent à la brigade de gendarmerie.
Vent de panique à Souk Ahras. Des inconnus à bord de véhicules banalisés sillonnent les rues pour annoncer des émeutes éminentes puis disparaissent. Les commerces ferment. Un groupe de jeunes émeutiers armés de barres de fer apparaissent et s'en prennent à la société publique des tabacs (SNTA) pour la saccager. Les employés de la société résistent farouchement et font fuir les émeutiers Le siège de la daïra et la mairie sont attaqués par des jets de pierre. Il semblerait, selon de nombreux témoignages, qu'il s'agirait d'une manipulation de certains cercles pour provoquer un affrontement entre citoyens. La même manoeuvre a été observée à Annaba, Constantine, Batna......
A Berrahal (Annaba), de jeunes citoyens révoltés incendient la mairie, le siège du trésor, la poste, la recette des impôts et plusieurs magasins, après avoir bloqué les toutes. Deux policiers et le chef de daïra blessés.
Des centaines de manifestants sortent dans la rue à Guelma. Pas de dégâts ni victimes.
A Tébessa, les manifestants saccagent le cinéma, la poste et l'auberge de la jeunesse. D'autres émeutiers utilisent un tracteur pour tenter de défoncer le portail de la wilaya.
A Tazmalt (Bejaïa), des citoyens occupent de force des logements non encore attribués.
Dans la wilaya de Bouira, des centaines de logements non attribués sont investis par les manifestants pour les habiter.
A Béni S'Rour, près de Bou Saâda (M'Sila), des centaines de manifestants dressent des barricades et s'attaquent à des édifices publics. L'APC, la daïra et le parc communal ont été saccagés. Le chef de daïra est blessé suite aux jets de pierres. L'hôtel de la ville, propriété du maire est saccagé par les manifestants. On déplore 10 blessés.
Des rumeurs de soulèvements sont propagées dans la ville de Constantine, de Batna et d'El Eulma, rappelant étrangement celles du 5 octobre 88. Des scènes de panique sont observées à Constantine, où des magasins sont fermés.
Le FFS publie une liste de 130 disparus lors de la marche du 14 juin à Alger.
Lundi 18 juin
Poursuite des affrontements entre manifestants et gendarmes à Draa Ben Khedda (Tizi-Ouzou).
A Maâtkas (Tizi-Ouzou), un gendarme grièvement blessé lors d'affrontements avec les manifestants.
Violents affrontements à Tizi-Ouzou. Plusieurs quartiers sont le siège de barricades et d'accrochages avec les brigades anti-émeutes. Ce qui reste de l'hôtel des finances est détruit par un nouvel incendie. L'hôpital de Tizi-Ouzou est submergé de blessés. Plus de 80 durant les dernières 24 heures. Ouverture d'un centre de soins au niveau du sous-sol de la mairie de la ville. De nombreux témoins font état à la presse nationale et internationale, d'expéditions punitives dans la ville, de gendarmes armés de barres de fer et de couteaux, contre les citoyens, pillant et saccageant les magasins. Un enfant de 15 ans aurait été sauvagement agressé publiquement.
A Tigzirt (Tizi-Ouzou), affrontements entre manifestants et brigades anti-émeutes : 4 manifestants grièvement blessés. Le cadavre d'un policier aurait été découvert sur la plage.
A Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou), violents affrontements entre manifestants et gendarmes. Un transport de troupes (BMP) est incendié par les manifestants qui ont pu pénétrer dans la cour de la brigade. Ces derniers organisent, durant la nuit, une action punitive. Des commerces sont saccagés selon les témoins.
A Béni Yenni, un jeune manifestant blessé par balles lors des affrontements avec la gendarmerie.
A Boghni (Tizi-Ouzou), les manifestants assiègent la brigade de gendarmerie. Un gendarme est grièvement blessé suite à une chute accidentelle du toit de la brigade. Plusieurs véhicules de la gendarmerie sont incendiés. Le stock d'alimentation et d'habillements est dévasté. On dénombre 20 blessés parmi les manifestants.
Poursuite des affrontements à Seddouk (Bejaïa). Dix mille manifestants se massent devant le commissariat de la ville pour réclamer le départ d
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 11:44

Algérie : chroniques de jours de violence ILe dimanche 27 mai 2001

Algérie : chroniques de jours de violence ILe dimanche 27 mai 2001
Algérie : chroniques de jours de violence ILe dimanche 27 mai 2001

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< La police use de la violence à l'encontre de députés en Algérie ! > < Message d'inauguration du siège national des familles de disparus > < Le Communiqué des éditeurs des journaux appelant à la "journée sans presse" > < Urgent d'Agir Liste des étudiants arrêtés à Bouzaréah1 >
Assam Yahia
< Algérie : chroniques de jours de violence II > < Algérie : chroniques de jours de violence I > < Algérie : chroniques de jours de violence I > < Algérie : Chronique des jours de violence III >
Algeria Watch
Amnesty International
Association Marocaine des Drois Humains
Association de Défence des Droits de l'HOmme au Maroc
Droit pour Tous - SOS-Net : Aide juridique gratuite
Le feu de la révolte ne s'éteint pas. Evénements graves ces dernières 36 heures. Je lance un appel urgent pour que cessent les provocations et les assassinats contre les jeunes manifestants.
La journée du 27 mai 2001 Béjaïa : ça continue !
Deux morts sont à déplorer à Tazmalt. Plusieurs blessés également. Que présagent les jours à venir ?
Des citoyens de toutes les localités de la wilaya, des représentants d'associations, d'organisations de masse et d'unions professionnelles n'ont pas cessé durant toute la journée d'hier d'appeler ou de joindre notre siège pour nous faire part des actes de provocation émanant des services de sécurité à l'encontre des habitants desdites localités. Ces attitudes vexatoires et réductrices des services incriminés seraient à l'origine de la flambée de violence qui a caractérisé toute la région durant ces quatre derniers jours pour atteindre son paroxysme le week-end dernier. Que ce soit à Béjaïa, Kherrata, Tazmalt, El Kseur, Aokas ou Amizour, les témoins brandissent les mêmes griefs et les mêmes dépassements tendant à se généraliser partout, à savoir les violations nocturnes des domiciles et des magasins, le lancement des grenades lacrymogènes à l'intérieur des habitations et autres édifices privés, et usage de balles réelles pour disperser les foules dans certains endroits.
A Kherrata, 60 km à l'est de Béjaïa, des échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre ont duré, sans interruption, toute la matinée d'hier avant que le calme revienne durant l'après-midi en réponse à l'appel des comités de village.
A Aokas, Tichy, Souk El Ténine et Darguina, un calme précaire a régné durant la matinée d'hier suite aux efforts des comités locaux, mais la tension reste entière, selon des citoyens, qui n'excluent pas un retour des affrontements dans les jours à venir.
A Tazmalt, 80 km au sud de Béjaïa, de violents heurts ont été signalés ces deux derniers jours. Routes coupées, tranchées sur les voies de circulation, les villas du président de l'APC et du secrétaire général calcinées par les flammes.Deux morts et sept blessés par balle, dont un grièvement touché à la tête, sont malheureusement à déplorer, selon toujours les citoyens. Un communiqué de la section FFS de Tazmalt, dont nous avons reçu une copie, a appelé à une grève générale de deux jours, demain et après-demain, avant de relever la responsabilité du pouvoir dans le martyre que vit la Kabylie.
A El Kseur, les citoyens exigent l'arrestation de six policiers, reconnus coupables de graves dépassements, comme condition sine qua non pour le retour au calme. La balle est désormais dans le camp des autorités concernées.
A Béni Mansour, à la limite territoriale avec la wilaya de Bouira, le réseau ferroviaire a été sérieusement endommagé et le trafic interrompu. Les aiguillages et les traverses reliant les rails ont été saccagés. Résultat, les dessertes vers l'Est (Annaba) et vers le Centre (Alger) sont suspendues et la SNTF évoque « une situation catastrophique "
Gendarmerie, renfort par hélicoptères à Feraoun. Trois hélicoptères ont atterri à Feraoun (50 km de Béjaïa) au lieu-dit Lekhmis, un terrain vague situé à quelques encablures à l'est du chef-lieu de la commune, à quatre heures du matin vendredi passé, ont rapporté certains citoyens ayant observé l'atterrissage des appareils. .Selon ces témoins oculaires, il s'agit d'un renfort en gendarmes de l'effectif déjà en place suite à la dernière escalade sanglante qui a touché cette localité mercredi passé et dont le bilan s'élève à 1 mort et 17 blessés. Selon d'autres sources, ces éléments transportés dans dix camions auraient quitté la région aux environs de 2 h du matin (samedi) vers une destination inconnue.
Trois blessés par balle à Tizi Ouzou. Plusieurs localités de Tizi Ouzou ont vécu de violents affrontements qui ont fait plusieurs blessés, dont trois par balle.
A Boghni, les échauffourées ont commencé en milieu de l'après-midi. La veille, deux jeunes manifestants, Hamdaoui Hacène et Makhloufi Mohamed, ont été blessés par balle. Le premier a été touché par trois balles à l'épaule, à l'avant-bras et au niveau de l'abdomen, lui causant une perforation du foie, selon une source hospitalière. Douze autres émeutiers ont été évacués vers l'hôpital après avoir été atteints par des bombes lacrymogènes tirées à bout portant, alors que quatre manifestants ont été arrêtés et emmenés à l'intérieur de la brigade où ils ont été passés à tabac avant d'être déshabillés puis relâchés nus. Toujours à Boghni, les éléments des CNS se sont attaqués à une stèle aux effigies de Matoub et Mammeri. Un vieil homme de 75 ans qui était accompagné de ses deux filles a été roué de coups, avant d'essuyer un chapelet d'obscénités. Même topo à Tizi Rached où un jeune manifestant du village Tamezguida a été blessé par balle à la jambe. Il se trouve actuellement aux services des urgences de l'hôpital de Larbaâ Nath Irathen.
A Fréha : Les brigades anti-émeutes ont investi la ville et persécuté les émeutiers jusque dans les villages isolés ; A Béni Douala, les émeutes n'ont pas cessé depuis jeudi. Les violents affrontements se sont poursuivis hier durant toute la journée. Plusieurs manifestants ont été blessés. Le siège de la CNAS a été incendié. Devant cette escalade, la Coordination des comités de village appelle toute la population à un sit-in pour ce matin au chef-lieu de daïra.
A Tizi Gheniff : La marche à laquelle a appelé un « comité contre la hogra » n'a pu avoir lieu puisque les émeutes ont éclaté aussitôt. Le siège de la daïra a été d'ailleurs incendié par les manifestants.
Aux Ouadhias, des affrontements sont également signalés. Les manifestants s'en sont pris au siège de la brigade de gendarmerie à coups de cocktails Molotov et autres pierres. Là aussi, le siège de la CNAS a été la proie des flammes.
A Irdjen, une commune limitrophe à Larbaâ Nath Irathen, a été pour sa part le théâtre de violents affrontements.
A Tigzirt les lycéens ont organisé une marche pacifique qui s'est déroulée dans le calme. A signaler que le gendarme qui a été touché par balle par son collègue a succombé à ses blessures hier à l'hôpital militaire de Aïn Naâdja.
Les franchises universitaires violées : la provocation. Les éléments des CNS ont fait dans la provocation dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26. Aux environs de 22 h, un groupe de manifestants, qui s'en prenaient à la Recette des impôts, a été dispersé à coups de bombes lacrymogènes. Les éléments des brigades anti-émeutes ont également arrosé la cour de la résidence universitaire Bastos où les étudiantes étaient rassemblées. Des blessés légers ont été enregistrés. Selon des témoignages recueillis auprès des étudiants de la cité universitaire de Bastos, les éléments des CNS ont d'abord lancé les grenades de gaz lacrymogènes avant de proférer des obscénités. La provocation ne s'arrêtera pas là puisque certains éléments des CNS n'ont pas trouvé mieux que de se déshabiller devant les étudiantes choquées par de telles scènes. Les étudiantes qui ont vécu ces horreurs ont réagi par une déclaration dans laquelle elles dénoncent et condamnent la violation des franchises universitaires par les brigades anti-émeutes. Pour sa part, la Maison des droits de l'Homme et du citoyen, filiale de la LADDH de Ali Yahia Abdenour a rendu public un communiqué dans lequel elle dénonce « vigoureusement ces agissements d'une gravité sans précédent ».
L'hôpital de Tizi Ouzou n'est pas épargné. A l'intérieur de l'hôpital, quelques médecins profitent de la présence de la presse pour dénoncer les conditions d'insécurité dans lesquelles elles travaillent. « C'est inadmissible qu'une enceinte hospitalière soit systématiquement la cible de bombes lacrymogènes », s'indigne Mourad, un jeune médecin interne. Pour parer à une éventuelle flambée de la violence, l'administration du CHU a notifié une instruction dans laquelle elle exige des différents chefs de service de « renvoyer tous les malades pour laisser place uniquement aux cas les plus urgents ». Mourad ne doute point que la démarche de la direction répond au seul souci de se préparer à recevoir de nouvelles victimes au vu de la gravité de la situation. A l'approche de la nuit, Tizi Ouzou vibre toujours sous les détonations des bombes lacrymogènes.
A Naciria, située à 36 km au nord-est de Boumerdès, sur l'axe de Tizi Ouzou, a renoué ces deux derniers jours avec le mouvement de protestation contre l'injustice et la répression qui continue de s'abattre sur la population..Vendredi dernier, en fin d'après-midi, un groupe composé de plus d'une centaine de jeunes a improvisé une marche pacifique. Les manifestants ont sillonné les principales artères de la ville, qui a enregistré quatre blessés graves lors des précédentes émeutes, en scandant des slogans hostiles au pouvoir : « Pouvoir assassin ! », « Halte à la hogra ».Les manifestations ont repris hier avec les mêmes mots d'ordre et se sont soldées, malheureusement, par des affrontements avec les éléments de la BMPJ. Plusieurs personnes ont été légèrement blessées.
A Bouira, un mort et sept blessés par balles.
A Chorfa à l'est de la wilaya, les émeutiers se sont attaqués dans l'après-midi de ce samedi à la brigade de la gendarmerie où se trouvent également les domiciles des gendarmes. La riposte de ces derniers ne s'est pas faite attendre, des balles réelles sont tirées sur la foule. Huit personnes ont été touchées, l'une d'entre elles aurait succombé sur le coup. Trois blessés ont été gardés au niveau de l'hôpital de M'chedallah alors que les quatre autres grièvement atteints, ont été transférés en urgence vers l'hôpital de Bouira. De violents accrochages se poursuivent entre les émeutiers et les brigades anti-émeutes et le bilan risque de s'alourdir.
A Boudjellil, Beni Mansour, Tigrine un ultimatum a été donné hier à la brigade de gendarmerie de Beni Mansour afin de quitter les lieux. Le responsable a informé la délégation des villageois que l'information a été transmise en haut lieu. Hier soir, une délégation forte de 400 personnes devait se rendre de nuit à la brigade de gendarmerie afin d'assister à l'évacuation. Dans la soirée de vendredi dernier des jeunes de Boudjellil avaient manifesté dans la rue. Le siège de la kasma, la boulangerie appartenant au président de l'APC ainsi que la cantine communale d'où on ravitaillait les brigades anti-émeutes ont été mises à sac.
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# Posté le vendredi 05 mai 2006 11:42